ANTI-FLAG + THE CREEPSHOW @ CLUB SODA

Par: Mlle Max / 22 septembre 2008

13 Septembre 2008 - C’est samedi dernier que le groupe activiste de Pittsburgh ANTI-FLAG se produisait sur les planches du Club Soda, premier spectacle à Montréal depuis la sortie de leur album The Bright Lights Of America. Je dois dire que j’étais assez surprise de voir la salle à moitié remplie pour accueillir ce groupe incontournable de la scène punk engagée qui a su donner tout un spectacle!

Le groupe BLACK LUNGS a dû annuler la tournée qu’il venait à peine d’entamer pour des raisons médicales et c’est donc avec les excellents THE CREEPSHOW que j’ai commencé ma soirée. Le quatuor de Toronto a su tout de suite nous mettre dans l’ambiance avec la pièce Long Way Down, tirée de leur récent album Run For Your Life. Ainsi on a eu droit à plusieurs nouvelles pièces comme Demon Lover, Take My Hand et leur succès Run For Your Life. Le groupe combine rock, punk, et psychobilly et nous emporte dans son univers gore et creepy, mais original car on peut tout de même retrouver une touche de joyeux dans leurs chansons, comme peut en témoigner la pièce Rock’n’Roll Sweetheart. Le public qui semblait bien connaître le groupe a aussi pu danser sur quelques morceaux tirés de leur premier album Sell Your Soul tels que Creature Of The Night et Shake, avec un bon solo de contrebasse!

THE CREEPSHOW nous a aussi fait cadeau de la reprise Halloween des MISFITS, dont on ne peut nier l’influence sur le groupe, avant de clore leur set avec Psycho Ball And Chain. Si vous avez manqué leur performance ne vous en faites pas, le groupe revient en spectacle aux Foufounes électriques au mois de novembre.

ANTI-FLAG a ensuite fait son apparition sur la scène, visiblement heureux de jouer à Montréal. Bien qu’il soit venu faire la promotion de son dernier album, les interprétations des vieilles chansons m’ont plus marqué que les nouvelles. Après The Bright Lights Of America, ANTI-FLAG a brassé la baraque en enchaînant Underground Network, The Press Corpse et Turncoat, entrecoupés par les interactions du groupe et d’innombrables « Woooohooowooohooo » avec le public, toujours appréciés! À quelques reprises le groupe a rajouté du drum ou des bruits de sirènes pour reproduire les effets sonores de The Bright Light Of America comme sur la pièce The Smartest Bomb.

Le Club Soda est une salle parfaite pour ce genre de show. Assez grande pour contenir une bonne foule sans être obligé d’avoir des gardes de sécurité au pied de la scène, la proximité entre le groupe et le public crée une ambiance unique au spectacle en permettant au public de faire du crowd surfing ou de monter sur scène, comme pendant Rank-N-File et Death Of A Nation, ce qui peut parfois mener à des débordements affectifs de fans furieux! À ce sujet, j’ai une belle anecdote à raconter.

J’encourage fortement la foule à monter sur scène chanter ou se lancer en bas, mais faut pas abuser. Il y a deux jeunes filles qui sont montées plusieurs fois sur scène, et y restaient, à danser et sauter sur place. Partager son enthousiasme débordant avec la salle une fois, c’est bien, mais deux, trois et quatre fois…? Je pense ne jamais avoir eu autant envie de tirer un membre du public comme ce soir-là. Heureusement, le bassiste Chris a repris le contrôle de la situation en prenant les deux demoiselles hystériques sous son aile, le temps qu’on apprenne leurs noms. Il a ensuite gentiment demandé au public de faire un chœur et dire un grand FUCK YOU à Chelsea et son amie, histoire de leur rappeler que c’était ANTI-FLAG qu’on était venu voir. Le reste du public serait sûrement d’accord avec moi sur le fait que c’était un moment de satisfaction intense. Le reste du concert s’est déroulé sans incident majeur et s’est conclu sur la pièce très à propos This Is The End (For You My Friend).

À la joie de tous, ANTI-FLAG a commencé un rappel de pratiquement 20 minutes avec une reprise du titre bien connu I Fought The Law, allant même jusqu’à changer les paroles pour « I fought the law and I won », au grand plaisir des punks mowakés de la place. Le groupe a ensuite enchaîné back à back deux grands classiques Drink, Drank, Punk et Die For The Government, qui dura un bon six minutes, et dont vous pouvez d’ailleurs trouver un vidéo sur Youtube. Inutile de vous dire que le Club Soda était devenu un immense pit! Ils ont terminé le concert sur Power To The Peaceful, où les signes de peace et de devil se côtoyaient dans les airs.

Même si, encore une fois, ANTI-FLAG n’a pas joué la setlist de rêve, omettant quelques vieilles chansons comme A New Kind Of Army ou Protest Song, et en ne jouant même pas Spit In The Face de leur dernier album (qui en aurait mis plein la gueule au public montréalais et pour laquelle j’ai attendu tout le show), ce groupe ne me déçoit jamais en spectacle. Toujours généreux avec le public et soucieux de donner une bonne performance, tout en continuant à tenir les prix de leurs concerts ridiculement bas et accessibles, je me rassure en me disant qu’avec ANTI-FLAG, le flambeau du punk rock engagé est loin de s’éteindre.


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