FABULOUS LOLO SINGS ROCKSTEADY @ CAFÉ CAMPUS

Par: Val / 02 septembre 2008

29 Août 2008 - Ce spectacle se faisait attendre dès l’instant où la nouvelle d’un comeback de FABULOUS LOLO SINGS ROCKSTEADY est parvenue à mes oreilles! Après avoir eu le plaisir de les voir au Festival de Jazz en 2006, j'étais anxieuse de les revoir au Café Campus. Le dernier spectacle que j'étais allée voir dans cette salle était celui des SLACKERS en septembre dernier, et c'était plein à craquer. C'est quand même une grosse salle à remplir et, dix minutes avant que le groupe monte sur scène, on s'inquiétait car il n'y avait pas plus d'une vingtaine de personnes dans la place. Considérant l'ampleur de l'événement, on croyait la population montréalaise soit inconsciente, soit not ready to rocksteady, comme Cath m'a dit. Tout le monde avait pourtant été prévenu mais, notre ville étant ce qu'elle est, la foule a fait son apparition plutôt tard… quoi que juste à temps pour que les musiciens ne fassent pas leur apparition sur scène devant une salle vide! En ouverture, DJ Mossman a bien rempli son rôle, malgré qu’il soit difficile de créer une atmosphère dans une salle presque vide.

Tout est heureusement rentré dans l'ordre lorsque les musiciens sont montés sur les planches, un par un, tout habillés de noir. Ça faisait donc déjà plusieurs verres que tout le monde vidait lorsque la formation a frappé fort en entamant la soirée avec l'excellent classique Real Rock de SOUND DIMENSION. Le climat s'est réchauffé soudainement et le band s’est emparé de notre attention par leur présence captivante. Il faut dire qu'ils ont quand même tous un passé musical incomparable et c’est un attribut qui se fait sentir; ils savent ce qu'ils font. Plusieurs amateurs de ska étaient présents pour assister à cette démonstration, et la foule était quand même constituée de différents fans. On y trouvait des vieux de la veille, des connaisseurs, certains impliqués dans la scène, d'autres réguliers des spectacles locaux, ainsi que d’autres plus jeunes qui n'étaient pas là il y a dix ans mais qui s'intéressent assez pour venir voir de plus près ces musiciens prestigieux. Tout le monde sans exception s'en est donné à cœur joie sur le dance floor. Et avec raison, on a été gâtés! On a eu droit à des reprises de DESMOND DEKKER, THE CREATIONS, PHYLLIS DILLON, THE ARCHIES, BOB MARLEY & THE WAILERS, THE PARAGONS, THE VENTURES, BILLY BUTLER, THE MELODIANS et quelques autres groupes mythiques. Vous trouverez la liste complète un peu plus bas, mais laissez-moi vous dire que c'était un pur bonheur du début à la fin.

On discerne habituellement un point fort à tout spectacle mais, dans ce cas-ci, le point culminant de la chose a duré de la première à la dernière note de la prestation. On a embarqué dès la première chanson pour débarquer trop vite après Last Train To Expo 67 en ayant l’impression que seulement quelques minutes s’étaient écoulées. J'ai particulièrement apprécié le clavier spectaculaire de Larry Love sur Mix Up Girl, ainsi que les lourds riffs syncopés de basse, notamment pendant la section dub sur Fever, gracieuseté de nul autre qu'Errol Walters (oui, oui, de Studio One). Sans parler des backbeats de guitare de Chris Raz, un musicien qui prouve ses talents depuis longtemps déjà, mais qui m'a encore ébloui autant par sa virtuosité à la guitare que par sa voix fort mélodieuse. À ce sujet, mentionnons que les voix sont définitivement à point et prennent beaucoup de place dans la prestation. Les timbres de Chris et de Lorraine se complètent à merveille (ces deux-là ont participé ensemble à plusieurs projets exceptionnels), produisant des harmonies dont le mélange ne pourrait être plus idéal, particulièrement sur Shanty Town - une autre pièce que j'espérais entendre. La section de cuivres nous a donné la chair de poule avec, entre autre avec les solos de Nicky et Howie sur Storm Warning et de Phil sur Perfidia. Malgré tout, c’est définitivement Lorraine qui dépasse toutes nos attentes en interprétant chaque pièce avec tellement de passion et de guts, pour produire quelque chose d’époustouflant. C'est décidément un des meilleurs shows de l'année.

En écrivant cette critique, j’ai pris pour acquis que vous saviez tous qui sont les membres de FABULOUS LOLO SINGS ROCKSTEADY car, après tout, on a droit ici à une brochette impressionnante de musiciens. Les lignes qui suivent pourront éclairer ceux à qui la notion manquerait. La famille des FABULOUS LOLO est composée des musiciens tirés de plusieurs groupes qui ont profondément marqué l'histoire du ska à Montréal, dont KINGPINS, GENERAL RUDIE, LO AND THE MAGNETICS, LES HANDCLAPS, ONE NIGHT BAND, LES MODS, STEPPER, BLOOD & FIRE, DUB & THE RESTLESS, PLANET SMASHERS... Guidés par Lorraine Muller elle-même, initiatrice du projet, chanteuse et saxophone bariton (impressionnante pièce d'équipement), on trouvait sur la scène Chris Raz à la guitare et la voix, Laurent Royal au clavier, Howie Woivod à la trompette et à la guitare, Mike Gasselsdorfer à la batterie, Phil Dixon au saxophone, Nicky Popovic au trombone et, bassiste vedette du célèbre Studio One en Jamaïque, nul autre que Errol Walters. Vous comprenez donc pourquoi c'est une formation si spectaculaire. Ceux qui ont pris la peine de se déplacer pour assister à l'événement peuvent se vanter d'avoir vu une page de l'histoire s'écrire. Pour les autres, en lisant ces lignes, vous comprendrez que vous venez de passer à côté d'une soirée inoubliable et vous vous en mordrez les lèvres pendant longtemps!


Le setlist de la soirée:

Real Rock
Picture on the Wall
Tighten Up
Sugar Sugar
Don't Stay Away
The Right Track
Context MTL
007 (Shanty Town)
Mellow Mood
Mix Up Girl
Love the One You're With
Perfidia
Storm Warning
Lose a Good Thing
The Tide is High
I'm Still in Love
Yeah Yeah Baby
Fever
Don't Let Me Down
The Whip
Last Train To Expo 67
(en rappel)


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