MALCOLM BAULD @ SOUNDCENTRAL

Par: Cath / 08 août 2008

C’est devant une douzaine de personnes que Malcolm Bauld effectuait une prestation solo au SoundCentral jeudi vers l’heure du souper. Quel bel adon ce fut que j’aie déjà à m'y rendre pour mettre en consigne les billets du show de POLAR BEAR CLUB. De plus, j’allais rater son prochain show à l’Esco grâce à notre Dollora-Ska qui se déroule le même soir à l’Absynthe. Voilà pourquoi, malgré l’ambiance de malaise qui règne habituellement à ce genre d’événement, j’étais décidée à ne pas manquer ça.

Val me rejoint au coin de la rue, tout en prenant soin de ne mettre qu’une demi-heure de parking parce qu’on est affamés et les sushis se font déjà attendre. Quelle n’est pas notre surprise quand on tombe immédiatement sur Alexis et Nelson du Bang Bang, un qui feuillette un magazine quelconque, et l'autre, caméra vidéo en main.

Merde. On est jeudi. J’avais pas allumé du tout. J’ai pas tant le goût de voir ma tronche dans le prochain 4486 Coloniale! Je fais une note mentale de me foutre dans un coin bien incognito pendant le set. Après un peu de brettage, Malcolm est prêt. On se tasse dans une rangée de vinyles. On est convaincues d’être complètement undercover. Nelson fait des prises à la Musique Plus avec sa jolie petite caméra. Et subitement, Malcolm - qui faisait face à l'autre côté - se tourne de 90 degrés. Cela nous place dans le plus premier des premiers plans potentiels. Val et moi échangeons un regard qui trahit clairement deux choses : la première – c’est pas sérieux. La seconde – comment est-ce qu’on va faire pour se pousser en douce quand le parking sera expiré?! Les petites allées du SoundCentral sont quand même pleines et tout déplacement subtil semble impossible.

La documentation d'un futur épisode du 4486 Coloniale n'est pas l'unique raison de la présence de Malcolm au magasin. On célèbre aujourd'hui l'arrivée de son tout premier long jeu, Covered In Dust (Art of the Underground), en format vinyle. Les preneurs se méritent une entrée gratuite au show de vendredi. Pour les autres, ça sera 6$. Si vous n'aimez pas le ska (et donc qu'il n'y a aucune chance que vous vous pointiez au Dollora-Ska!), je me dois de vous encourager à aller faire un tour à son show. Vous voyez, Covered In Dust est un album absolument fantastique. Des pièces étoffées, construites intelligemment, dans la veine folk avec des élans plus intenses. Je l'adore, c'est un de mes albums de l'année (j'ai d'ailleurs un peu de difficulté à comprendre comment il a pu être écarté au premier tour de vote du GAMIQ 2008). Par contre, à mes yeux, c'est dans ses performances solo qu'on a droit au meilleur de ce que Malcolm peut offrir. Tel sera probablement une bonne partie de son set à l'Esco.

Et tel fut le court set auquel on a eu droit au SoundCentral hier, avec des versions semi-acoustiques et entièrement dénudées de Charity, Covered In Dust, Summer Fears et autres, en plus de quelques compos plus datées comme Clapham Night Bus, et en commençant par une pièce de SPOONRIVER (qui jouent également à l'Esco vendredi). Les néons du SoundCentral créent une drôle d'ambiance; les murs couverts d'affiches, les racs pleins de toutes sortes de trouvailles et les vitrines garnies d'articles hétéroclites founrnissent une tonne de distractions visuelles. Le public – malgré que composé de visages familiers – semble un peu timide (sauf le petit Milan à Hugo qui ne se retient pas tant!), laissant les dernières notes résonner pleinement avant d'applaudir poliment. Ça sirote sa bière tranquilement et ça s'abstient de parler à son voisin, puisque le moindre chuchotement devient une annonce publique par haut-parleur. Malgré tout, Malcolm est dans son élément, et s'adresse à l'auditoire entre chaque pièce avec le même ton humble mais charmant qu'à l'habitude. Les sept ou huit chansons passent beaucoup trop vite.

Après m'être pratiquement résolue à l'idée que les shows de Malcolm se déroulaient dorénavant avec son band complet, version électrique et tout, ce fut un merveilleux retour aux sources. C'est avec une énergie délicate mais puissante qu'il brille sous cette formule, laissant son jeu calculé mais instinctif traduire toute l'émotion que ses compositions ont à transmettre.

J'en ai même oublié la méchante caméra.


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