Malajube (05 décembre 2007)


Entrevue de Math et Julien avec Mathieu

Lors de leur récent passage au Théâtre Granada de Sherbrooke le 5 décembre dernier, nous avons eu la chance de s’entretenir avec Mathieu Cournoyer, bassiste du groupe nomade MALAJUBE. Ce dernier a eu la gentillesse de bien accepter notre invitation pour en savoir plus sur leurs nombreuses tournées à l’extérieur du Québec, tout en nous racontant plusieurs anecdotes de tournés et en ayant un bref aperçu de leurs projets futurs. Voici l’intégrale de ce sympathique entretien.

[MATH et JULIEN - PMU] Les gars, avant de commencer, félicitations pour votre prix remporté à l’Adisq en tant que groupe ou artiste québécois s'étant le plus illustré hors Québec. Franchement, vous avez clanché DJ CHAMPION et ses G-String, MARIE-MAI et plusieurs autres. Quel feeling ça vous a donné ?

[MATHIEU] Oui mais CHAMPION, ce n’était pas dure à battre quand même… Sérieusement, tu ne peux jamais savoir sur quoi il se base pour remettre leur trophée. Moi quand j’ai vu la liste, je me suis dit que si on ne gagnait pas ce prix là…c’est vraiment d’la marde l’ADISQ! MARIE-MAI a fait comme quatre shows en France et ça aurait été décevant de ne pas remporter ce prix. De gagner ou pas, on s’en fou, sauf que nous ne voulions pas que ce soit ces deux là plutôt que nous. Bref, on était content de gagner.

[MATH et JULIEN - PMU] Au franco, vous avez fait trois soirées consécutives avec trois thèmes vraiment différents. D’où vous est venue cette idée farfelue? Qu’avez-vous retenu de votre expérience en acoustique ?

[MATHIEU] Ce fut une belle surprise pour nous cette expérience en acoustique. Faut dire que avons seulement répété comme trois fois, car nous manquions de temps entre deux tournées. Je me rappelle que le soir avant le show, j’avais vraiment un gros motton de stress parce qu’on n’était pas à notre maximum de préparation. Y’avait des tounes qu’on ne savait même pas comment elles allaient finir.

[MATH et JULIEN - PMU] Quel soir a été le plus intense? Pourquoi donc?

[MATHIEU] L’acoustique était spécial car tout le monde était assis, et nous aussi d’ailleurs. C’était vraiment différent. Et le show surprise était en même temps vraiment le fun car nous avons joué plusieurs tounes qu’on avait jamais faites live et le public était vraiment dedans.

[MATH et JULIEN - PMU] En septembre vous avez amorcé votre tournée mondiale et vous avez fait des spectacles partout en Europe. Comment a été l’accueil de l’autre côté de l’océan?

[MATHIEU] Depuis deux ans et demi, nous sommes allés une dizaine de fois là-bas. On s’en rend compte aussi qu’à chaque fois, c’est de mieux en mieux. Il y a une équipe vraiment enthousiasme, des gars de City Slang, qui sont des vétérans dans les labels indépendants. Ce sont des vieux allemands qui ne sont pas là pour le cash. Tu arrives en Hollande, dans une salle pis tu te dis : ouin, y’aura jamais personne qui va venir nous voir jouer ici, sauf qu’au contraire, la salle se remplie et c’est toujours sold-out. C’est quand même spécial d’être la tête d’affiche dans un show et de se rendre compte que la salle est à sa pleine capacité. Ce fut pareil pour Vienne, où on s’est encore dit : Coudonc, qu’est-ce qu’on fait ici ?, et la salle était bien pleine. Et même si ce n’est pas plein, la salle va nous payer quand même, en plus de nous fournir la bouffe et la chambre d’hôtel. Ça n’a rien à voir avec ici et c’est un plus en Europe d’être traité de cette sorte.

[MATH et JULIEN - PMU] Vous avez passé une bonne partie du mois d’octobre en Europe, et surtout en France. Comment les avez-vous trouvé nos cousins français?

[MATHIEU] C’était vraiment cool parce que durant tous les festivals auxquels nous avons participé, nous étions tout le temps avec PATRICK WATSON ou THE BESNARD LAKE sans arrêt. Alors c’était inévitable qu’on se pètait la face avec eux en fin de soirée… Comme lors d’un festival à Oslo, tous les billets du festival étaient vendus dès la première journée qu’ils étaient en vente. Les gens sont fous des festivals et il y a donc beaucoup de monde. L’organisation est vraiment immense. Nous n’avions rien à faire… y’a du monde qui s’occupe de monter le stage pour toi, et toi, tu n’as qu’à boire comme un trou, voilà! C’est sur aussi que les festivals regroupent pleins de groupe, et on s’est déjà retrouvé à jouer sur le stage en même temps que GOGOL BORDELLO qui était sur un autre stage… alors l’engouement n’était pas le même.

[MATH et JULIEN - PMU] Lors de votre passage en Europe, vous avez fait la première partie de ARCADE FIRE. Dites-nous comment ça s’est déroulé ? Les connaissiez-vous auparavant ?

[MATHIEU] On se connaissait un peu avant, mais ils nous ont invité parce nous étions en France en même temps qu’eux. C’était un show écœurant parce que nous étions à l’Olympia. Nous n’avons pas eu le temps de s’installer comme nous le souhaitions avant le show, mais c’était cool pareil. La frénésie en France envers ARCADE est bien différente que celle qu’on retrouve ici au Québec. J’ai croisé Will l’autre fois dans un p’tit café sur St-Viateur, bien tranquille, sauf que là-bas, ça serait bien différent.

[MATH et JULIEN - PMU] Vous avez fait une série de spectacle entre New York et la Californie. Comment s’est de chanter en français devant une foule américaine?

[MATHIEU] En fait, c’était la deuxième fois que nous partions en tournée aux USA. Je t’avouerai que nous étions assez fatigués de cette fin de tournée quand même. Mais en même temps, de jouer à New York, c’est quelque chose de vraiment le fun. Sauf que de se retrouver le lendemain dans le Ghetto de Milwaukee, et que le doorman nous dit de ne pas se pointer en dehors du bar où on jouait, on n’aime moins cette ambiance. Pis le monde sont assez ouvert et ils s’en sacrent de la langue dans laquelle tu joues. Tout ce qui importe, c’est que ça soit de la bonne musique, c’est tout.

[MATH et JULIEN - PMU] Vous avez reçu du support de la chaîne américaine Mtv puisqu’ils ont placé vos derniers clips en rotation sur leurs ondes. Est-ce surréaliste pour vous de vous retrouver sur les ondes d’une des plus grandes chaînes musicales de la planète?

[MATHIEU] Faut dire que nous avons été chanceux tout le long de notre carrière là-dessus. Comme par exemple chez Pitchfork, nous avons eu un gars qui trippait gros sur nous pour X raisons. Quand nous étions à San Francisco la première fois, il y a une fille qui est venue nous voir et qui capotait sur nous et qui était hyper impressionnée. On lui demande qui elle est et elle nous a répondu qu’elle était directrice artistique à MTV. Nous avons tous fait comme Ohhhhh… . Ce sont tous des gens qui ont reçu nos albums et qui ont accroché. Nous avons aussi fait sold-out au CMG à New York et le boss de City Slang était là. Il nous a vu jouer et il a vraiment trippé fort. Ensuite, il est retourné à Berlin, nous a envoyé des emails, il est venu nous voir jouer à Montréal et après il nous a suivi jusqu’à Austin (USA)… et il nous a eu comme ça!

[MATH et JULIEN - PMU] Vous semblez avoir beaucoup d’appui et de visibilité en Europe et aux USA. Est-ce décevant de ne pas recevoir cette même visibilité au Québec ?

[MATHIEU] Je crois que c’est un peu normal vu notre population moins élevé qu’en Europe ou aux USA par exemple. C’est plutôt une question de pourcentage. Quand tu sais qu’ils sont quatre-vingt millions en Allemagne, c’est certain qu’il doit en avoir plus qui trippe sur notre musique.

[MATH et JULIEN - PMU] Vous travaillez en collaboration avec l’étiquette indépendante Dare To Care Records pour la sortie de vos disques. Êtes-vous fier d’être associé à une compagnie de disques complètement indépendante québécoise?

[MATHIEU] Moi je trouve tout le temps que c’est le fun d’en parler. Ce qui est cool avec DTC c’est que c’est un gars, Éli Bissonnette, qu’on a rencontré dès le début avec Compte-Complet et ça explosé pour DTC et je suis bien content pour lui. Il est bien organisé, il travaille vraiment fort et il est capable de suivre le rythme.

[MATH et JULIEN - PMU] Pensez-vous demeurer avec eux pour la sortie de votre prochain album?

[MATHIEU] Je ne sais pas et on va surement en discuter. Moi j’aurais le goût mais en même temps, il y a tellement d’affaires en jeu. Mais, c’est sur que c’est Éli qui va l’entendre en premier et qui va nous faire la première offre. Et on ne va pas nécessairement prendre une offre parce qu’il y a plus d’argent en jeu non plus. Nous en avons déjà eu des offres comme ça dans le passé et ce n’est pas facile d’accepter de tout donner. Pis on ne veut pas non plus se retrouver à jouer à la Fureur. C’est sur que le band serait fini si on jouait à la Fureur.

Questions en rafales

[MATH et JULIEN - PMU] Votre ville partisan numéro 1, ça serait où selon vous ?

[MATHIEU] On y est allé juste une fois, mais le choix est quand même évident... je dirais Tokyo ! C’est pas mal celle-là !

[MATH et JULIEN - PMU] Quelle chanson joue dans votre radio de van en ce moment ?

[MATHIEU] En arrivant, c’était des bons vieux classiques comme NIRVANA. C’est Renaud qui a amené ça, en plus de WEEZER, PINK FLOYD et HARMONIUM.

[MATH et JULIEN - PMU] Votre album préféré de l’année 2007?

[MATHIEU] Faut dire qu’il y en a plusieurs, mais je te dirais peut-être No Heroes de CONVERGE parce qu’il m’a vraiment ramené le goût du métal.

[MATH et JULIEN - PMU] Avec qui aimez-vous partager la scène?

[MATHIEU] Nous n’invitons pas toujours des bands avec nous, mais nous avons joué quelques fois avec AVEC PAS D’CASQUE et c’est des bons amis du secondaire. Sinon, on joue souvent aussi avec des bands locaux et c’est le fun aussi. Des fois c’est drôle aussi. Je me rappelle d’une fois à Drummondville où il y avait un groupe de p’tite fille de quatorze ans qui jouaient avant nous avec leur gros mohawks. Elles avaient l’attitude.

[MATH et JULIEN - PMU] Avec qui aimeriez-vous partager la scène? (Ça peut être SIMPLE PLAN)

[MATHIEU] Bah c’est des chums, peut-être… On a déjà eu une proposition aussi pour faire une tournée canadienne avec EVANESCENCE,mais on a dit non. Mais sinon je t’avouerai que j’aimerais bien tourner avec TRAIL OF DEAD (and you will know us by the Trail of Dead), qui tourne sans arrêt.

[MATH et JULIEN - PMU] Le meilleur spectacle auquel vous avez assisté cette année?

[MATHIEU] C’est dure à dire, mais disons que dans la semaine qui vient de passer, c’est Chicoutimi, ouais! Les kids là-bas sont en feu on dirait! Nous avons fait le saut quand nous avons vu deux kids faire du body-surfing avec deux GROSSES Labatt 50… ça vraiment fait ma soirée !! C’était écœurant.

[MATH et JULIEN - PMU] Le meilleur spectacle que vous avez vu cette année?

[MATHIEU] Je dirais peut-être THE BESNARDS LAKE, un groupe de Montréal, avec qui nous avons joué. Il y en a peut-être d’autres, mais comme c’est des questions en rafale, faut respecter le concept hein ??

[MATH et JULIEN - PMU] EXACT !

[MATH et JULIEN - PMU] Votre prochaine pochette de disque, c’est pour quand ? Est-ce qu’on va y retrouver votre chanson phénomène Le Pirate d’Hochelaga ?

[MATHIEU] Si nous sommes pessimistes, je dirais vers Février 2009. Pour le Pirate, je dirais probablement oui, même si je ne le sais pas encore. C’est une toune qu’on a composé surtout pour changer le mal de place en tournée disons, avec un long jam. Elle s’en vient presque vieille alors je ne sais pas si elle va se retrouver sur un nouveau disque. Moi je l’adore cette toune là, parce que c’est plus métal…

[MATH et JULIEN - PMU] Qu’est-ce qui se passe pour fin 2007- 2008 pour MALAJUBE? Avez-vous des projets?

[MATHIEU] On termine notre tournée au Métropolis le 8 décembre. Après on prend des vacances relaxes pour surement se trouver un local pour essayer d’enregistrer et essayer de jouer ensemble de la musique pour vrai [rires] !

[MATH et JULIEN - PMU] Alors, c’est tout! Merci Mathieu pour un entretien super intéressant et on vous souhaite bonne chance pour l’année 2008.



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