Olinea (24 juillet 2008)



La formation québécoise O LINEA sera en spectacle le 26 juillet à 20h à la Zone Molson Dry. Nous avons donc pris quelques minutes pour faire le point avec la formation avant ce spectacle.

[DAVE] : Pour commencer, pouvez-nous vous décrire le groupe en sept mots ou moins?

[O LINEA] :
De la musique rock.

[DAVE] : Cela fait un an presque jour pour jour que vous avez lancé L’ordre des choses. Quels sont vos impressions après tout ce temps? Des regrets, des surprises?

[O LINEA] :
Certains regrets au niveau de l’enregistrement qu’on a fait nous même. Dans l’ensemble j’adore le son de l’album mais certaines pièces ne sonnent pas à leur juste valeur. Un peu de regrets aussi en ce qui a trait à l’ordre des chansons. Disons que ça buche dur sur la première moitié du disque et que des pièces plus riches ont passé un peu inaperçues parce qu’elles étaient peut-être trop loin sur l’album. Mais tout ça, c’est des petits détails. Ce qui en ressort c’est qu’on a jeté un pavé dans la marre. Il fallait sortir, brasser, déranger. Avec ma voix aigue et les guitares qui grafignent. Bref, on est là, on a fait quelque chose qui détonne dans le portrait. Maintenant on peut passer à la prochaine étape.

[DAVE] : Quelle a été la réaction des fans et de la presse depuis?

[O LINEA] :
Pour ce qui est de la presse, on ne peut demander mieux. La seule chose que tu ne veux pas, c’est de l’indifférence. À l’image du son provocateur de l’album, les critiques n’ont pas été grises pâles. On adore ou on déteste. Pas de milieu et c’est très bien ainsi. De la part des médias que l’on jugeait incontournables, on a eu une réaction de loin supérieure à nos attentes, même à nos rêves les plus fous. Le public nous découvre encore. Le clip a aidé et les gens reconnaissent la chanson mais on peut dire qu’on est encore au début de tout ça. À l’unanimité, l’album nécessite plusieurs écoutes et ensuite, il reste pris quelque part dans la tête de ceux qui l’ont laissé entrer. Disons qu’en un spectacle, les gens sont piqués, assommés, curieux et cherchent à comprendre ce qui ce passe. Le délire, c’est pour leur prochain show disons…

[DAVE] : Quels ont été vos inspirations pour la création de l’album tant au niveau musical qu’artistique?

[O LINEA] :
Je crois que la base mélodique des chansons prend racine dans l’alternatif du début des années 90. Pour ce qui est du son de l’album, on voulait quelque chose de pas trop léché à la AT THE DRIVE IN, en même temps le son rock machinal de STROKES et la richesse des mélodies de SUNNY DAY REAL ESTATE. Bref, une lourde commande. On y est arrivé, sur certaines pièces plus que d’autres je crois.

[DAVE] : Pouvez-vous donner deux raisons à nos lecteurs pour courir allez acheter cet album?

[O LINEA] :
C’est différent de ce qu’il y a sur les tablettes ça c’est sûr. Si vous en avez marre de l’absurde, du comique, du flottant, du gris pâle.

[DAVE] : Vous chantez maintenant en français. Qu’est-ce qui vous a fait changer d’idée?

[O LINEA] :
C’est venu tout seul. J’ai écrit la pièce La Frappe comme ça en me disant que ça devait être un défi d’écrire en français. Jessy de Slam Disques est tombé là-dessus et nous a proposé de faire le projet tout en français. Ça a passé au conseil et voilà!

[DAVE] : Vous participerez sous peu aux Francofolies. Comment avez-vous fait pour recevoir cette offre?

[O LINEA] :
Là-dessus, je dois dire que Pierre-Luc, notre booker, a fait tout un boulot. En même temps L’ordre des choses s’est avéré être un succès plus critique que commercial. Les festivals ont aussi tendances à pencher d’un côté ou de l’autre. Il faut croire que les gens des Francos penchaient du même bord que nous.

[DAVE] : Pensez-vous que la musique du genre de O’LINEA prend maintenant plus de place qu’elle n’en prenait au cours des dernières années?

[O LINEA] :
Je ne sais même pas quel genre de musique on fait. Pour certains, c’est du punk, et pour d’autres, c’est tout sauf ça. Sur le même album, il y a différents styles je crois (si on l’écoute jusqu’à la fin…). C’est un paradoxe tout ça. Si t’es tout seul dans ta barque et que les étiquettes ne te collent pas dessus, tu ne fais pas de show avec personne. Tu ne fit pas sur aucune scène. On a toujours eu tendance à tomber entre deux chaises. Trop mélancoliques pour les durs, trop sales pour les pops. Juste difficile à associer je crois. Si à court terme c’est un handicap, à long terme c’est positif. C’est comme ça que je vois la musique, dans cette direction là que je vois le band évoluer. On va foncer en plein entre les deux chaises!

[DAVE] : Vous travaillez avec Slam Disques. Pouvez-vous nous parler de comment cette alliance s’est forgée?

[O LINEA] :
On connaît Jessy depuis nos premiers accords de guitare. Il est un des rares qui possède notre premier démo avec du tapis sur la pochette. Le déclic c’est fait sérieusement quand il a entendu La Frappe en français.

[DAVE] : Selon vous, quel est le groupe le plus sous-estimé au Québec en ce moment?

[O LINEA] :
Je suggère à tous vos lecteurs de jeter un coup d’oreille à Armand Frontal. C’est très couillu. J’adore ça.

[DAVE] : Si vous pouviez changer une chose de la scène musicale ou de la business, quelle serait-elle?

[O LINEA] :
Enlever l’effet de la masse, de la langue, de la culture pour que la musique devienne un langage en soi. C’est très correct que ta musique vise et rejoigne juste 0,001% de la population. Ça se peut! Dans le monde ça veut dire que tu vends 70 000 copies! C’est sûr qu’au Québec, tu en vends 70... L’idée est que ça doit continuer d’exister de la musique moins accessible. On ne veut pas juste du gris pâle digéré par des spécialistes qui ont comme mandat de fabriquer la musique formatée. Format parfait pour tourner dans une de nos deux radios populaires, qui pourraient inverser leurs noms demain matin sans que personne ne s’en rende compte.

[DAVE] : À quoi pouvons-nous nous attendre de O’LINEA pour les prochains mois?

[O LINEA] :
On continu à écrire du nouveau matériel en même temps qu’on se produit en spectacle. On va tester nos nouvelles chansons ici et là et se fabriquer un prochain album avec tout ça.



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