PL Mafia (23 mars 2010)


Entrevue de Isa avec Alexis

Pour le lancement de son nouvel album, la formation ska punk montréalaise PL MAFIA s'est assise avec nous pour nous décrire en détails des dernières nouvelles du groupe.

[ISA] : Un peu de rétrospective : Comment vous êtes-vous rencontrés? Quels étaient vos liens avant PL MAFIA?

[ALEXIS] : Au départ, la plupart d’entre nous étions membres d’un même groupe appelé LOBOTOMIE POLITIQUE. En 2005, nous avons décidé de changer de nom de groupe et de repartir à neuf, avec une approche moins engagée et quelques membres différents. Karl s’est joint à nous à cette époque comme batteur. Quelques années plus tard, nous avons eu à remplacer notre trompettiste, et Émilie s’est jointe à nous après la séparation des COUCH ADDICTION. Peu après, 7 DAYS NOT A WEEK se séparait aussi et nous avons recruté Payo comme deuxième guitariste. Finalement Mike s’est joint officiellement au groupe il y a deux ans après avoir remplacé notre ancien bassiste à quelques reprises en spectacle.

[ISA] : Pour chacun des membres, quel a été la plus grande influence musicale qui vous a incité à devenir musicien?

[ALEXIS] : Je crois que ce qui nous incite à être dans un groupe et à mettre autant d’effort, c’est surtout le plaisir d’être une gang d’amis qui se retrouve ensemble pour partager une passion commune pour la musique et faire le party un peu partout en rencontrant plein de monde cool. C’est surtout trippant de pouvoir être créatif et d’avoir la chance de jouer partout au Québec devant des gens qui aiment la musique qu’on fait. Aussi, comme on s’est fait beaucoup d’amis au fil des ans, faire des spectacles nous donne l’occasion de les revoir et de fêter avec eux. Et c’est toujours très plaisant de pouvoir partager la scène avec des groupes qu’on aime et d’avoir l’occasion de les rencontrer.

Pour ce qui est de nos influences musicales, je dirais que tout ce qu’on écoute nous influence jusqu’à un certain point. Au départ (en 2005), nous voulions surtout jouer du ska-core dans le style de CATCH 22, ROLLER STARTER, REEL BIG FISH, etc. Maintenant, nous ne nous imposons plus vraiment de limite. On compose des chansons que nous avons le goût de jouer et d’entendre, peu importe qu’elles soient punk-rock, ska-punk, reggae ou autre. Alors chaque chanson qu’on compose est influencée par ce que le compositeur écoute à ce moment-là, et je crois que ça paraît si vous analysez un peu chaque chanson de notre nouvel album (surtout si on vous le disait!)

[ISA] : Jouez-vous d’autres instruments que ceux qui vous sont attribués dans le groupe?

[ALEXIS] : Bien que plusieurs d’entre nous essayons de jouer d’autres instruments, je suis vraiment content qu’on s’en tienne uniquement à ce qu’on joue dans le band…

[ISA] : Qui écrit les textes? Ils sont 100% francophones, est-ce par conviction ou parce-que l’inspiration est davantage présente en français?

[ALEXIS] : J’écris tous les textes du groupe depuis le début. Au départ, nous ne savions pas dans quelle langue nous voulions chanter. Suite à notre victoire à Cégeps Rock, qui était un concours francophone, nous avons décidé de poursuivre dans cette voie. La décision s’est donc imposée d’elle-même. Mais je suis content aujourd’hui d’écrire en français. Étant francophone d’origine, je suis beaucoup plus à l’aise dans cette langue et les chansons nous ressemblent beaucoup plus. Notre vie se passe en français, alors (la) chanter en anglais (surtout pour faire des shows au Québec) serait un non-sens. De plus, je crois que peu importe la langue, les gens apprécient les groupes authentiques et passionnés, et c’est ce que nous sommes. Finalement, chanter en français nous démarque d’avantage des autres groupes locaux qui chantent majoritairement en anglais.

[ISA] : Sentez-vous une certaine pression de chanter en anglais vu que la plupart des formations locales ont fait ce choix pour avoir une plus grande visibilité?

[ALEXIS] : Pas du tout. Nous jouons de la musique pour le plaisir uniquement, et nous ne ressentons aucune pression d’avoir à plaire à qui que ce soit. Je dirais même que jusqu’à maintenant, le fait de chanter en français nous a plutôt avantagé. On a gagné le concours Cégeps Rock qui nous a permis d’aller jouer en Belgique, et on peut jouer autant à la St-Jean qu’avec STREETLIGHT MANIFESTO, BIG D ou même Martin Deschamps!!! Je crois qu’en chantant en français, on peut rejoindre un plus grand public au Québec. Et comme on n’a pas l’intention de partir en tournée pour de longues périodes de temps, nous n’avons pas besoin d’aller jouer devant un public anglophone.

[ISA] : Comme vous êtes sept dans PL MAFIA, comment faites-vous pour ajuster vos horaires en conséquence du temps que vous voulez investir dans le groupe?

[ALEXIS] : Dans PL MAFIA, on ajuste le temps investi dans le groupe en fonction de l’horaire de tout le monde. Généralement, on pratique une à deux fois par semaine, et on se contente de faire des shows la fin de semaine. Nous avons tous des emplois/études qui nous occupent à temps plein, alors on doit arriver à des compromis pour faire fonctionner le groupe malgré tout. Mais comme on est un gang d’amis, c’est très facile de se motiver à continuer. On saisit les opportunités de spectacles quand elles se présentent, et on compose aussi tranquillement, sans se mettre de pression. Chaque membre du groupe investi le temps qu’il peut dans le band, et c’est très bien ainsi. Et comme nous sommes tous motivés, il est très rare que nous devions refuser des spectacles en raison de conflits d’horaire. On trouve toujours le temps…

[ISA] : Comment est l’accueil du public lorsque vous vous éloignez de votre région respective, comme lors de tournées? Avez-vous quelques anecdotes que vous pourriez raconter par rapport à ce sujet?

[ALEXIS] : Dans l’ensemble du Québec la réaction est toujours très bonne, et surtout en région. Nous avons fait d’excellents spectacles un peu partout, et généralement, plus on s’éloigne, plus le monde embarque dans notre spectacle. Nous avons aussi joué en Belgique dans un énorme festival, et la réaction fut irréaliste! Nous avons signé des autographes à des fans en délire à travers une barrière de sécurité après notre spectacle. Et on a aussi joué à Oshawa où on se faisait insulter par des gens sur la rue parce qu’on parlait français (mais la réaction du public fut très bonne quand même)… Montréal est un endroit plus difficile, car il y a de bons spectacles à chaque semaine. Pour être un succès, il faut que ton spectacle soit un événement. Si tu y joues trop souvent, personne ne va venir te voir (ce qui est normal). En fait, les gens de chaque région sont différents et c’est toujours un plaisir de faire le party avec tout ce beau monde (on prend des trucs!!!)

[PAYO] : J’aimerais souligner que les anecdotes les plus cocasses qui surviennent en tournée proviennent principalement des défaillances sur les vans que l’on a eu. Par exemple, perdre une porte en plein parc des Laurentides, rester en panne sous un viaduc sur l’autoroute 10, la batterie qui se met à fondre, etc. Mais, ça vaut toujours la peine de surmonter ces petits pépins pour aller jouer devant les gens de régions plus éloignées qui sont tout simplement malades !

[ISA] : Émilie, en tant que seule fille du groupe, est-ce difficile de travailler et de voyager avec six autres gars?

[ÉMILIE] : Bien en fait, avec the COUCH ADDICTION j’ai déjà fait des tournées d’à peu près un mois, alors quand j’ai commencé à jouer avec PL MAFIA, partir des fins de semaine de temps, ça ne me dépaysait pas vraiment. Je me suis toujours bien entendu avec les garçons et j’irais même jusqu'à dire que je peux être un peu « tom boy » par moments. Il n’y a jamais eu de différents parce que je suis une fille; je suis membre de PL MAFIA et je m’investis autant que les autres. Et tout le temps que je passe avec les gars, ça reste des souvenirs qui n’ont pas de prix. Or après avoir passé autant de fins de semaine dans une van avec des garçons, je n’ai qu’un seul reproche : des garçons ça pue!

[ISA] : Votre façon de travailler (complètement DIY), a-t-elle été adoptée par choix dès le départ ou en cours de route?

[ALEXIS] : Tous les bands espèrent signer avec une étiquette et faire le tour du monde. On s’est vite rendu compte qu’à moins de faire 200 shows par année partout en Amérique à perdre de l’argent et vivre dans une vieille van jusqu’à ce qu’un label nous remarque, ça n’arriverait pas pour nous. On a donc décidé de ne pas se mettre de pression et de profiter de nos occasions au maximum pour tripper le plus possible sans compromettre notre avenir. On fait les choses à notre façon et à notre rythme, et ça nous convient parfaitement. Malgré tout, il y a d’autres personnes passionnées de musique qui investissent de leur temps pour nous aider et nous leur en devons beaucoup.

[ISA] : Trouvez-vous difficile de ne pas vivre uniquement de votre musique?

[ALEXIS] : Depuis longtemps, il est clair pour tout le monde que nous ne gagnerons jamais d’argent avec PL MAFIA. Une fois que nous l’avons accepté, nous avons décidé de faire le meilleur party possible à chaque spectacle (et de rester à l’école)!

[ISA] : Comment envisagez-vous la récente collaboration entre Big Wheel Records et PL MAFIA?

[ALEXIS] : Nous sommes extrêmement contents de nous unir à Big Wheel! Cette association va faciliter énormément la promotion et la diffusion de notre nouvel album. Quand on sort un album, on souhaite évidemment qu’un maximum de gens l’entende, et c’est beaucoup de travail de faire une bonne campagne de promotion (surtout sans connaissance ni contact) Nous allons donc profiter de leur expertise dans ce domaine pour nous faire connaître. Comme les membres de Big Wheel nous aidaient déjà beaucoup, s’associer avec eux fut naturel, et nous espérons les aider en retour à se faire connaître et à se bâtir une bonne réputation dans l’industrie. En plus, sortir un album sur un label, ça paraît toujours mieux!

[ISA] : Il y a eu 5 ans d’écart entre Opération : Porto et Le Kid, qu’elles ont été les raisons majeures d’un tel délai?

[ALEXIS] : Il y en a eu plusieurs. Premièrement, comme on a tous d’autres occupations (travail/études), le processus de composition fut assez lent (les trois premières années). En plus, comme nous n’avions pas d’argent, nous n’avions aucune idée de la façon dont nous allions enregistrer cet album, et donc nous ne nous sommes pas imposé de date limite pour aller plus vite. Nous avons ensuite décidé d’enregistrer une version démo de l’album pour essayer de nous trouver de l’aide, ce qui a pris environ un an. Finalement, nous avons décidé d’enregistrer le tout nous même en juillet dernier, et nous venons juste de finir en janvier 2010. Ça passe vite 5 ans, quand on se rencontre en moyenne une fois par semaine!

La bonne nouvelle est que maintenant que nous pouvons enregistrer nous même nos albums avec un son de qualité, nous allons être beaucoup plus efficace et le prochain album devrait sortir d’ici 2 ans!

[ISA] : À l’approche de votre lancement, avez-vous des attentes ou des craintes face à la réaction du public?

[ALEXIS] : Avant de savoir qu’on allait finalement enregistrer cet album, j’étais un peu découragé et je me demandais s’il y aurait de l’intérêt pour notre Kid et ce pour plusieurs raisons : Ça faisait presque deux ans qu’on ne faisait pas beaucoup de spectacles, le ska-punk est presque disparu de la scène (à part pour quelques vieux bands américains qui roulent sur leurs vieux classiques) et notre premier album n’a pas eu autant de visibilité qu’on l’espérait. Mais maintenant que Le Kid est enregistré et qu’on a entendu le résultat final, nous sommes plus motivés que jamais à le faire entendre à tout le monde! En plus, la réaction des gens est extrêmement positive et on voit vraiment l’intérêt de notre public face à ce nouvel album. Il ne nous reste plus qu’à déplacer notre party un peu partout au Québec, et espérer que les gens vont embarquer dans notre trip.

En ce qui concerne notre lancement, nous avons une attente très simple : faire le meilleur show de l’histoire de PL MAFIA, et faire tripper tous nos fans (les anciens et les nouveaux)!

[ISA] : Quelle est votre chanson préférée de votre nouvel album?

[ALEXIS] : C’est difficile de parler pour tout le monde, et c’est sûr qu’on aime toutes nos nouvelles chansons, mais en spectacle on aime surtout jouer Ma Vie Sans Toi, Je Reste Quand Même et Laisse-Moi Pas Tomber. Et Payo trippe (un peu trop) sur Le Masque .

[ISA] : À quoi peut-on s’attendre en 2010 pour PL MAFIA?

[ALEXIS] : On va faire un maximum de promotion pour notre nouvel album, on va faire beaucoup de spectacles partout au Québec (et peut-être ailleurs) et on va aussi commencer à composer des chansons pour un troisième album.

[ISA] : En terminant, vous avez sans doute reçu une aide extérieure par rapport au disque et tout ce qui en découle, y a-t-il des gens que vous voudriez remercier?

[ALEXIS] : Merci à Jepe (Skalpel Media) qui s’occupe de notre image et de notre booking depuis plusieurs années, il est certainement le 8e membre de PL MAFIA! Merci aussi à Dédé et à Max de Big Wheel Records qui s’occupent de la sortie de notre album et de notre booking. Finalement, merci à toute l’équipe de PunkMeUp qui nous aide depuis toujours et qui garde la scène locale montréalaise en vie presque à elle seule !

Merci d’avoir répondu à nos questions et bon lancement!



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