The Sainte Catherines (04 avril 2006)


Entrevue de Dave avec Hugo

J’ai eu la chance de m’entretenir avec Hugo, le chanteur des STE-4 lors de leur passage à Laval la semaine dernière. Portrait d’un homme et d’un groupe mature et résolu qui a toujours la flamme qui brûle en dedans malgré les années passées dans des vans en tournée.

[DAVE] Vous jouez à Laval ce soir. Pourquoi Laval?

[HUGO] Pourquoi, ben, parce qu’on fait une tournée du Québec pis le gars m’a convaincu que ça pouvait être pas pire.

[DAVE] Au Mad Max. À ce qu’il paraît, c’est un ancien bar de danseuses…

[HUGO] Ben c’est supposé être un repère de motard. Mais c’est ça, le gars a dit qu’il pouvait y avoir cinquante ou soixante kids facilement donc je me suis dit tant qu’à faire on va s’essayer pis au pire on reviendra plus.

[DAVE] Juste pour savoir tout de suite, le show de YESTERDAY’S RING, est-ce que c’est remis à plus tard, je sais pas si j’ai manqué de quoi?

[HUGO] Peut-être à … J’avais une maladie pis je pouvais pas jouer. Ben ça va être remis à la fin de la tournée j’imagine. Un jour…

[DAVE] Vous êtes en tournée en ce moment. Je voulais savoir un peu comment cela se passait?

[HUGO] On a commencé mercredi, on a fait Québec, Sherbrooke, Drummondville, Montréal, Saint-Hyacinthe pis là Laval. Ça a pas mal tout bien été à part Saint-Hyacinthe qui était un peu boiteux hier. Les autres c’était pas mal relativement plein et le monde était content. Le monde aime bien le nouvel album pis les bands on s’entend tous bien ensemble. C’est le fun à date.

[DAVE] Pourquoi vous avez choisi INEPSY? Est-ce que c’était imposé?

[HUGO] Non non, moi je suis bien ami avec le bassiste pis je joue dans un groupe country avec. Moi j’aime vraiment ça, c’est un de nos bands préféré à tout le monde dans le groupe.

[DAVE] J’ai vu que vous aviez des chandails INEPSY récemment…

[HUGO] C’est ça. Ça me tentait et en même temps. Ça faisait la fusion des scènes, eux autres sont plus dans la scène crust donc ça ouvre le monde un peu.

[DAVE] Je suis étonné un peu, c’est quand même slow comme début de tournée je trouvais pour le nouvel album. Vous restez au Québec alors que je m’attendais à ce que vous partiez tout de suite…

[HUGO] Oui mais c’était ça le but parce qu’on voulait, parce qu’on pourra sûrement pas faire beaucoup de shows au Québec par après pis là notre première tournée débutait le 7 avril et le nouvel album sortait le 21 mars donc on s’est dit entre ça on va faire genre des shows au Québec dans des villes qu’on a déjà joué comme ça après ça le monde chialeront pas qu’on y vas plus. On a juste booké des shows qu’on a déjà joué avant pis ça montre que maintenant qu’on est sur Fat on continue de jouer au Québec.

[DAVE] Oui et le show de Montréal restait à 8$ aussi, ce n’est pas comme s’il était rendu 15$.

[HUGO] On a tout gardé pas mal pareil. Le CD est rendu 15$ au lieu de 12$ mais ça c’est parce qu’on le paye plus cher à cause ça vient des States. C’est la seule affaire.

[DAVE] J’étais là samedi à votre spectacle aussi. Et il y avait le gars qui gueulait un peu. Vous aviez l’air un peu fâché. Je sais pas comment vous prenez ça maintenant, même que Musique Plus était là, les médias et tout ça.

[HUGO] Moi ce qui m’a fait chié là-dedans c’est que c’est du monde qui chiâle des affaires qu’ils connaissent pas. Moi j’ai rien à me reprocher. Le gars monte sur le stage et dit qu’on s’est fait donner 50,000$ par Fat Mike mais c’est pas ça. Tout ce qu’ils nous ont donné on le doit, c’est un prêt. C’est juste que j’aime pas ça avoir l’air cave devant 400 personnes quand le gars dit même pas la vrai affaire. Ça m’a fait chier un peu mais tsé c’est pas super important non plus. Le gars s’est excusé après parce que INEPSY lui ont dit qu’il était cave et il s’est excusé et c’était correct.

[DAVE] Pour moi, peut importe la visibilité, tant qu’on parle de Montréal.

[HUGO] C’est ça, nous autres ont a jamais chiâlé contre ça. Si Musique Plus veulent faire une entrevue je vais pas dire non, je m’en fous. S’il y a 100 personnes qui écoutent ça pis qui achètent l’album pis qu’ils aiment le band je m’en fous. Au Saguenay, ils ont pas accès à tout ce dont on a accès ici ça fait que la télé des fois ça peut être la seule façon qu’ils entendent le band, moi j’ai rien contre ça. C’est sûr que je ferais pas des shows genre Présenté par Coca-Cola, ou des mardes de même sauf que si c’est notre show normal pis qu’eux autres s’intéressent à notre band tant mieux.

[DAVE] Le crowd a-t-il changé ou non?

[HUGO] C’est dur à dire et à voir. Il y a plus de monde à date. À Montréal il y avait plus de monde qu’à nos shows habituellement. À Québec il y avait pas mal plus de monde. C’est un peu mieux à date mais on va plus voir aux États-Unis et en Europe l’impact que ça l’a.

[DAVE] D’ailleurs pourquoi FIFTH HOUR ne faisait pas le reste de la tournée?

[HUGO] Le but de la tournée Poutine et Cigarette c’était de faire une tournée avec des bands de Montréal et d’aller ailleurs au Québec pour montrer des bands de Montréal. FIFTH HOUR sont pas encore un band de Montréal mais ils vont tous déménager cet été donc on va peut-être faire Poutine et Cigarette II à vrai dire à l’automne FFH.

[DAVE] Ok, donc parlons un peu de l’enregistrement, comment cela a été? Vous aviez Alex qui est venu de l’extérieur.

[HUGO] Nous autres ont est habitués à tout faire tout seul donc c’est cool d’avoir un gars avec une opinion extérieure qui peut dire ce bout là c’est pas ça, vous devriez essayer cela à place et si aimait ça on le gardait, si on aimais pas ça on le gardais pas. Donc lui a mis son expertise dans le projet et ça a fait que c’est un peu différent de ce qu’on fait nous. On n’est pas super critique de nous-même pis on est plus du genre slacker, ça c’est correct, pas besoin de le reprendre tandis que lui disais que c’était pas correct, on le refait. Donc ça a fait qu’on a travaillé plus fort et que le résultat est meilleur au bout de la ligne.

[DAVE] Sur l’album on retrouve à deux ou trois reprises le même refrain You’re losing money, you’re losing me, you’re loosing friends. Qu’est-ce que ça veut dire pour vous?

[HUGO] Ça représente tous les sacrifices qu’on a fait pour se rendre où on est maintenant. C’est un peu ça le thème de l’album. Nous autres on s’est fait chié pendant quand même 7 ans à faire le band et tu perds des blondes, tu perds des amis, tu perds du cash pis tu persistes quand même. Ça fait que je voulais que ça soit le thème de l’album pour dire qu’on a tout fait ça, on a perdu ben des affaires pis que vient pas après chiâler sur le bla bla bla ou Musique Plus qui était à notre show. Tu sais pas c’est quoi tant que tu l’as pas fait. Avec les sacrifices qu’on a fait y’a pas beaucoup de monde qui peuvent dire qu’ils ont fait ça. Je pense que c’était comme de le mettre dans la face du monde. Fais ça pis après ça parles moi en.

[DAVE] Avec cet album là, est-ce que ça passe ou ça casse pour les Ste-4?

[HUGO] Pas vraiment. Pour nous autres c’est juste une suite logique. On était rendu qu’il fallait avoir un meilleur label pis avoir plus de support parce que depuis le temps qu’on le faisait un moment donné tu tournes un peu en rond. C’est comme un nouveau début un peu plus que ça passe ou ça casse. Avec cet album-là on va voir si ça marche, je veux dire, je suis sûr que ça va marcher relativement mais ça veut pas dire qu’on va devenir énorme. Mais sinon on va en faire un autre pis un autre pis on va voir.

[DAVE] Votre band est un peu différent de ce que Fat Wreck sort d’habitude…

[HUGO] C’est un peu plus méchant, c’est un peu plus sale. Mais c’est pas si différent que genre LAWRENCE ARMS ou AVAIL ou PROPAGANDHI. Il y a quand même des bands dans la même veine. C’est sûr que ça a un côté montréalais et unique.

[DAVE] Et parlant de ça justement il y a tellement d’articles et d’entrevues qui sortent sur vous en ce moment mais tout ce que je lis parle toujours des mêmes affaires (toi qui est concierge, Yesterday’s Ring). Qu’est-ce que ça vous fait d’être toujours ramené aux mêmes choses?

[HUGO] C’est fatiguant. Moi j’ai fait genre 40 entrevues pour l’album pis c’est sûr que le monde pose toujours les mêmes affaires sauf que c’est l’information que Fat leur donne ça fait qu’eux autres posent des questions là-dessus genre Fred travaille pour Green Peace, etc. Mais moi en même temps je vais pas chiâler parce qu’avant on n’en avait pas de coverage médiatique fait que tsé maintenant qu’ils parlent de n’importe quoi, tant qu’ils en parlent. C’est cool. Mais c’est sur que ça m’énerve de répondre à comment vous êtes attéris sur Fat et comment je vais avoir le temps de faire YESTERDAY’S RING ou est-ce que vous êtes les sauveurs du punk en 2006. Le monde s’intéresse aux affaires qui sont spéciales j’imagine par rapport au band ça fait que tant mieux mais…

[DAVE] Je sais pas comment vous vous sentez en ce moment, moi l’impression que j’avais des STE-4 avant c’était que c’était pas mal un trip qu’on prend au jour le jour et on verra où ça mène pis maintenant t’a quasiment plus d’autre choix que de prendre cela au sérieux pis de le prendre à fond même les jours que cela te tente pas.

[HUGO] Ouin ben ça a toujours été relativement sérieux mais là la différence c’est qu’avant on faisait nos propres affaires avec nos règles pis on se crissait pas mal de tout pis d’où ce que ça allait mener. C’était plus nous autres c’est ça pis si vous êtes pas contents vous pouvez aller chier. Mais maintenant on essaie d’être plus smart avec le monde parce que justement on a des comptes à rendre dans un sens parce qu’on veut pas que Fat ait une mauvaise réputation. Maintenant il y a comme du monde avec nous ça fait que si on fait chier ou si on rate notre coup y’a du monde qui écope donc on essaie de se forcer pis de faire ça plus discipliné. Mais tsé ça fait quand même une couple d’année qu’on était parti sur être plus discipliné quand même mais là c’est sûr que c’est encore plus.

[DAVE] Le groupe a changé pas mal de fois de line-up. Qu’est-ce qui fait que maintenant c’est plus solide?

[HUGO] Ben, l’affaire c’est qu’à force de le faire, le monde qui était pas dedans pour faire les tournées et qui voulait plus avoir une famille ou travailler ont lâché et on a pris du monde au fur et à mesure que c’est ça qu’ils voulaient faire. Un moment donné, quand on cherchait des membres, c’était ok mais si tu embarques c’est pour faire des tournées et pour aller sur la route. Je pense que ce qui est arrivé c’est qu’on a pogné les meilleurs éléments qu’il y avait à Montréal quasiment. C’est comme Rich c’est le meilleur drummer moi je trouvais qui existait à Montréal pis c’est un des seuls qui voulait faire sa de sa vie. Maintenant Pablo c’est la même affaire. Là on a tout le monde qui voulait faire ça qui est réuni donc c’est super.

[DAVE] Ëtes-vous encore impliqué dans des causes avec l’album?

[HUGO] Comme donner de l’argent?

[DAVE] Oui

[HUGO] Non, parce qu’on pouvait pas vraiment. C’est pas vraiment avantageux dans le sens qu’on fait pas assez d’argent sur les albums pour pouvoir faire ça. C’est sûr que si on voit qu’on vend 100,000 albums le prochain on pourra donner dix sous par album et là ça va quand même rammasser 10,000$. Mais ramasser 500$ ça donne pas grand chose.

[DAVE] Quels albums t’ont marqué ces derniers temps?

[HUGO] Le nouveau de LAWRENCE ARMS je l’aime bien. Je l’ai pas encore assez écouté mais je sais qu’il est très bon. En fait, la plupart des nouvelles choses de Fat je sais que c’est pas mal tout bon. Le nouveau de LOVED ONES est pas mal bon. Depuis un bout c’est rare j’écoute des nouveaux bands sauf ce que je reçois de Fat. J’aime AGAINST ME! encore et j’aime les bien les groupes d’ici comme INEPSY et DIRTY TRICKS et WHISKEY TRENCH et MALCOLM BAULD mais j’écoute pas mal plus du country comme NEIL DIAMOND et BRUCE SPRINGSTEEN et BILLY JOEL.

[DAVE] Jusqu’à quel point tu considère que tu fais partie de la business punk et à quel point vous vous sentez seul là-dedans? Maintenant il y a les agents, les booking agents, je sais pas si vous avez un tour manager?

[HUGO] C’est Hugues mais c’est notre ami!

[DAVE] Je sais pas à quel point tu te sens seul dans la business?

[HUGO] Nous on essaie de s’en défaire le plus possible et c’est une des raisons pour laquelle on était content d’être sur Fat – c’est parce que on a toujours tout fait nous même et c’est rendu que tu fais presque plus de business que tu joues de musique. Moi j’étais tanné, j’ai toujours tout booké les tournées moi-même et j’étais tanné de la faire. Je veux dire tu pars en tournée, tu reviens, tu book une autre tournée, tu pars, tu reviens, ça devient ridicule. Tu passe ta vie à faire ça pis quand tu es à la maison t’as pas le temps de chiller avec tes amis et ta blonde parce qu’il faut que tu book une autre tournée pour quand tu repars. Là maintenant au moins on a du support d’un booking agent et d’un label pis tout mais c’est sûr qu’on rentrera pas dans la grosses business. Je pense pas que notre band a le potentiel de devenir énorme. On sera jamais..

[DAVE] Dans des arénas…

[HUGO] C’est ça, on a pas le style pis on a pas la personnalité pour ça. On est ben trop des petits cons baveux pour ça.

[DAVE] Vous allez pas passer à MTV.

[HUGO] C’est ça. Je pense pas qu’on jouerait à MTV. On est pas assez beau pis assez fin. C’est pas quelque chose qui m’inquiète vraiment.

[DAVE] Communication versus Entertainment. Qu’est-ce qui est le plus important pour toi dans la musique?

[HUGO] Entre ces deux là? Je dirais communication. Sauf que les deux sont importants pis je pense souvent à ça parce que tu sais des fois je me demande aussi à force d’être en tournée tu viens déprimé pis tu te demandes c’est quoi le but de tout faire ça. Pis dans le fond je me disais ça hier, le seul but c’est de faire triper le monde, c’est ça le but de la musique. Pis dans le fond quand tu fais un show ou quand tu fais un disque c’est pas vraiment important le nombre de monde qui aime ça ou comment big que tu es ou ton image c’est juste que là on joue à Laval ce soir pis s’il y a vingt personnes qui tripent, c’est ça le but de jouer de la musique. Je trouve que c’est ça, c’est pas nécessairement de lancer un message pour changer le monde ou bien faire le show du siècle pour que tout le monde soit épanoui mais c’est juste qu’ils sortent de là pis que c’était plus le fun d’être au show que d’être chez eux pis que pendant deux ou trois jours ils vont se sentir mieux dans leur peau, c’est ça le but.

[DAVE] Quelle est la meilleure chose que le groupe t’a apporté?

[HUGO] C’est sûr que c’est voyager pis l’amitié. Ëtre avec le monde qui sont dans notre band, je les ai vu plus souvent que ma famille ou mes blondes. C’est sûr que c’est des relations que peu de monde peuvent vivre. C’est vraiment unique à moins que tu joues dans un band. Pis ça c’est sûr que c’est l’affaire que je suis le plus content. Pis c’est aussi de visiter plein de pays, plein de villes pis rencontrer plein de monde à travers le monde, c’est vraiment exceptionnel.

[DAVE] Les tattoos, lesquels tu as, qu’est-ce qu’ils représentent?

[HUGO] J’aime bien celui sur mon chest. J’ai un cheval marqué THE SAINTE CATHERINES, je le trouve pas mal drôle. Sur la jambe j’ai aussi un tattoo FIFTH HOUR HERO/THE SAINTE CATHERINES ROAD TESTED. C’est moi pis Baloo de FFH on a fait ça en même temps quand on revenait de tournée ensemble. Sinon j’aime tous mes tattoos de band. J’ai YESTERDAY’S RING ici sur le bras. Ici j’ai un chien marqué YESTERDAY’S RING aussi. Les autres c’est plus des décorations, c’est des éclairs et des lignes – c’est pour être drôle!

[DAVE] Et 2006 pour les STE-4, qu’est-ce qu’il se passe, le Warped Tour?

[HUGO] Non, pas Warped Tour! On va faire des tournées le plus possible. J’imagine qu’on va faire 200 ou 300 shows pis c’est d’essayer de jouer le plus possible et de voir le plus de monde possible et de se faire le plus d’amis possibles en restant en santé et la tournée avec Me First.

[DAVE] Merci beaucoup!



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