Reset (20 octobre 2008)


Entrevue de Julien avec Phil

La formation RESET représente la scène locale de Montréal depuis des lunes. Leur parcours est impressionnant mais n’a pas toujours été facile et il est très intéressant de voir où en est le groupe après plus de dix ans d’union.

[JULIEN] Pouvez-vous vous présenter à nos chers lecteurs (nom et rôle dans le groupe) ?

[PHIL] Phil Jolicoeur (guitare et vocal), Martin Gendreau (batterie) et Claude Plamondon (basse et vocal).

[JULIEN] RESET a vu le jour en 1995 dans un temps où le punk rock faisait fureur. En quoi cette période vous a aidé à vous faire connaître?

[PHIL] En 1995, RESET a réussi à se faire un nom et une solide réputation en jouant pour les premières parties de groupes bien établis tel que FACE TO FACE (Spectrum de Montréal, mars 1995), LAGWAGON (Spectrum de Montréal, avril 1995) PENNYWISE (Métropolis, 1996). RESET effectua également plusieurs tournées canadiennes avec notamment MXPX et TEN FOOT POLE ce qui aide évidemment à la visibilité d’un groupe pour se faire connaître.

[JULIEN] Quelle était la principale différence pour la scène locale il y a dix ans comparativement à ce que l’on a présentement?

[PHIL] La scène locale il y a dix ans était évidemment différente de celle que l’on connaît aujourd’hui. Mais en même temps elle n’était pas si différente… À cette époque le punk faisait fureur. Aujourd’hui les grands noms sont restés et demeureront cristallisés dans l’histoire du punk même si celle-ci s’est un peu estompé à travers les années. Il semble par contre plus difficile pour certains artistes et groupes d’ici à se produire en spectacl,e car les promoteurs se font plus discrets et parfois moins actif ou hâtif.

[JULIEN] Après avoir lancé NO Worries et No Limits, la formation a connu d’importants changements de membres et certains d’entre-eux ont quitté pour plus tard former SIMPLE PLAN. Pouvez-vous nous en parler?

[PHIL] Trois musiciens de SP ont en effet déjà joué auparavant pour RESET. Par contre les deux groupes sont deux entités complètement différentes, deux sons différents et finalement deux groupes carrément distinct. RESET n’est pas devenu S.P. et vice versa. Aucun lien corrélationnel.

[JULIEN] Après le départ de quelques membres, avez-vous eu le goût de tout lâcher?

[PHIL] Non au contraire. Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort. Si on arrête tout dès le premier échec on n’ira pas très loin dans la vie ! Nous croyons plus fortement que jamais en notre musique et le message que nous voulons communiquer à travers nos chansons.

[JULIEN] Quelle a été votre principale motivation pour continuer dans le milieu après cette épreuve difficile?

[PHIL] Notre principale motivation qui témoigne de notre persévérance c’est une seule chose : le plaisir de la musique. C’est le plaisir de créer, de jouer et de communiquer à travers cet art qui est unique.

[JULIEN] Pourquoi avoir décidé de garder le nom RESET et ne pas tout recommencer sous un autre nom?

[PHIL] Il existe plusieurs très bonnes raisons pourquoi garder le nom RESET. Premièrement, c’est le même son punk rock, avec des riffs de guitares rapides et techniques, des tempos et des passes de drums intenses accompagnés de mélodies vocales qui transmettent notre message d’ouverture de l’esprit critique au niveau politique, environnemental, relationnel, etc. Ensuite, Phil Jolicoeur et Indy Rekordz détiennent les droit exclusifs du nom RESET et ce depuis huit ans déjà. Lorsqu’une fondation repose sur des idéologies solides, une histoire particulière et des personnes prêtes à tout sacrifier pour exécuter leur art, pourquoi démolir ce dont on peut bâtir ?

[JULIEN] Au moment où l’on se parle, quelle est votre relation avec les anciens membres du groupe?

[PHIL] Moi (Phil) je suis encore en bon terme avec Pierre Bouvier avec qui j’aime bien faire le party et Charles (Chuck) Comeau était mon voisin d’enfance alors on se connaît assez bien.

[JULIEN] Vous avez lancé il y a deux ans une compilation réunissant No Worries et No Limits sur un seul disque par l’entremise du Union Label Group. D’où vous est venue cette idée originale?

[PHIL] Depuis sa fondation en 2003 Indy Rekordz faisait pression pour redistribuer les deux premiers albums. Alors quand l’idée de ressortir ces albums sous une compilation par l’entremise de Union Label Group et Warner fit surface ont était tous très content que nos fans puissent enfin encore avoir accès à nos chansons sous forme d’album.

[JULIEN] Laissons le passé de côté et parlons de votre nouvel album No Intensity qui a vu le jour au mois de mars 2008. À quoi les gens peuvent-ils s’attendent de cet opus?

[PHIL] No Intensity, le titre sarcastique en dit long, c’est une boule de feu prête à rugir et faire trembler la terre toute entière. Non mais sans farce cet album c’est quarante-quatre minutes de musique intense et d’énergie positive. C’est un retour aux sources avec Rod Shearer à la production lui qui à également produit le premier album de RESET No Worries en 1996.

[JULIEN] Quelle est la réaction du public face à ce nouveau disque?

[PHIL] Nos fans sont très, très enthousiastes face au nouvel album et ça pas juste ici au Canada mais aussi un peu partout à travers le monde. La critique est unanime : c’est un excellent album qui reflète les idéologies et le son pur de RESET.

[JULIEN] Vous avez lancé No Intensity sur votre propre étiquette Indy Rekordz. Est-ce que vous avez pris cette décision pour avoir plus de pouvoir sur votre matériel et votre image?

[PHIL] Oui, tout à fait. On n’est jamais mieux servi que par soi même. On peut faire ce dont on veut, enregistrer ce qui nous plait sans qu’aucun gérant trop omniprésent ou producteur ne viennent détruire notre art pour en faire un simple produit de mercantilisme.

[JULIEN] Quelles sont vos principales influences pour la composition de No Intensity?

[PHIL] Les principales influences pour la composition de No Intensity sont bien simples :
Le vieux RESET de l’album No Worries, PENNYWISE, STRUNG OUT et LAGWAGON. Pour les solos de guitares KREATOR, DEATH et MEGADETH.

[JULIEN] Vous êtes en ce moment un pilier de la scène locale en ce qui a trait au punk rock mélodique et rapide. Comment expliquer la baisse du nombre de formations du genre à vos côtés?

[PHIL] La scène s’est quelque peu transformée au fil des années. Les groupes sont à notre avis beaucoup plus pop qu’avant malgré qu’ils se clament pop punk, deux termes qui ne vont tout simplement juste pas ensemble. Les ventes d’albums ont périclités et même parfois les spectacles live semblent dur à concrétiser pour certains groupes pour plusieurs raisons souvent reliées à l’argent.

[JULIEN] Est-ce que l’on verra RESET en spectacle cette année?

[PHIL] Jeudi 27 novembre 2008 au Club Soda à Montréal.
Vendredi 28 novembre 2008 à Trois-Rivières
Samedi 29 novembre 2008 à Drummondville
D’autres dates de spectacles sont à confirmer

[JULIEN] Quels sont vos plans pour la prochaine année?

[PHIL] Un vidéoclip pour la chanson No Intensity sort très prochainement puisqu’il est maintenant achevé. D’autres spectacles au Québec, au Canada, aux É-U ainsi que l’ouverture d’autres marchés, on l’espère, puisque nous envoyons beaucoup de CD et notre fan base est assez impressionnant dans ces pays et régions ; le Japon, l’Australie, le Brésil ainsi que l’Europe de l’ouest.

Merci beaucoup à Phil d’avoir pris le temps de répondre à nos questions et on souhaite au groupe la meilleure des chances pour le futur.



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