Major Lee (28 septembre 2006)


Entrevue de Cath avec Antoni Boluda

MAJOR LEE est une formation encore jeune qui fait déjà des vagues dans les médias locaux. Bien que peu connus à Montréal, le groupe de Victoriaville roule déjà sur les ondes de Musique Plus et, repêché par les Disques NewRock l’an dernier, se prépare à enregistrer un second album. Voici un entretien réalisé avec le chateur et bassiste Antoni Boluda.

[CATH] Qui est MAJOR LEE? Est-ce qu'on pourrait avoir une petite récapitulation de l'historique du groupe depuis ses débuts ainsi que de vos antécédents musicaux?

[ANTONI] En mars 2001, la formation NUCLÉIK – dont font parti Fred et moi - sort un démo intitulé Y a pas d’quoi. Cinq cent exemplaires vendus et quelques spectacles plus tard, le groupe prend une pause. Antoni se joint au groupe GUÉRILLA, tandis que Fred se joint à la formation U.SEED – dont fait parti Hugo. En juillet 2004, NUCLÉIK se reforme. Les Disques NewRock offrent un contrat de disques au groupe. En novembre 2004, la formation entre au studio Soundlogik à Victoriaville pour enregistrer l'album Ça passe ou ça casse, sur lequel se retrouvent six des dix chansons du démo de NUCLÉIK. Le groupe organise un concours pour trouver un nouveau nom au groupe. Le premier extrait, Sors de mon lit, joue pendant deux mois en annonçant le GROUPE SANS NOM. Suite au concours, le groupe devient MAJOR LEE. En avril 2005, MAJOR LEE lance son premier album intitulé Ça passe ou ça casse. MAJOR LEE est composé de Antoni Boluda (voix/basse), Frédérick Gagnon (guitare/voix), Sébastien Houle (guitare) et Hugo Doyon (batterie).

[CATH] Certains vous comparent à d'autre formations, comme SUM 41 et SIMPLE PLAN. Est-ce que, selon vous, ça rend justice au groupe?

[ANTONI] J’ignore comment ces comparaisons sont perçues par les gens. De notre côté, on n’y voit rien de négatif. Ce sont des formations qu’on respecte beaucoup, ayant partagé la scène avec eux ou les ayant simplement vus en spectacle. Les comparaisons n’ont servies qu’à situer plus rapidement l’auditoire face à notre musique. Les gens savaient tout de suite à quoi s’attendre en achetant notre album. Serais-tu offusqué si je comparais ton écriture à celle de ton idole ou de ton maître à penser dans le monde journalistique? Je ne crois pas… On vit avec ces comparaisons depuis la sortie de l’album. Reste maintenant à se forger notre propre identité pour les années à venir.

[CATH] Quels ont été vos premiers amours musicaux? Vos influences? Ces temps-ci, qu'est-ce qui tourne le plus dans vos speakers?

[ANTONI] On a tous commencé à écouter de la musique alors que le heavy metal et les coupes Longueuil étaient maîtres sur terre. Donc, METALLICA, PANTERA, TESTAMENT, MEGADETH, SEPULTURA, FEAR FACTORY, ANTHRAX, OBLIVEON, etc. et tout ça en cassette svp! L’époque où Paul Sarasin était le king! Le punk est arrivé dans ma vie par l’entremise de RANCID et la pièce Ruby Soho. Je découvrais un son que je n’avais jamais entendu. La vitesse et l’énergie du heavy metal mais avec les harmonies vocales du pop. Wow! Pour notre musique, nos influences sont NO USE FOR A NAME, LAG WAGON, GOLDFINGER, MxPx, NEW FOUND GLORY, GOOD CHARLOTTE, THE ATARIS, SUM41, GREEN DAY et YELLOWCARD. Tu vois le genre? J’ai adoré une critique faites sur nous suite à un de nos spectacles à Montréal qui disait, « la musique de NO USE FOR A NAME, l’énergie sur scène de GOLDFINGER et les paroles des COLOCS. » Je n’aurais pas pu écrire mieux. Ces temps-ci, dans mon auto, j’écoute du BILLY TALENT, RISE AGAINST, STORY OF THE YEAR, GOOD RIDDANCE. Nous sommes présentement en période d’écriture, et on essaie de voir où en est rendu le punk et le monde de la musique en général en 2006. On analyse ce qu’on aime et ce qu’on aime moins et on se demande pourquoi. C’est un processus d’immersion totale de ma part.

[CATH] Le groupe en est à son troisième vidéo à entrer en rotation sur les ondes de Musique Plus si je comprends bien; vous recevez également un bon support au niveau des radios. Comment avez-vous établi un bon réseau de contact comme celui-là?

[ANTONI] Tout le mérite revient aux Disques NewRock. C’est une des raisons pour laquelle on a signé avec eux. On savait que c’était un petit label jeune et ambitieux, tout comme nous, qui avait ce qu’il fallait pour nous faire vivre de belles choses. Après une dizaine d’années à faire de la musique et à occuper les postes de musicien, booker, producteur, publiciste et j’en passe, c’est le paradis de pouvoir enfin se concentrer uniquement sur notre musique et nos prestations. On se sent appuyés et c’est très motivant.

[CATH] Pour ceux qui ne l'ont jamais vu (tiens, comme moi, par exemple), est-ce qu'on pourrait avoir quelques détails concernant votre dernier vidéo?

[ANTONI] Le dernier clip est sur la pièce Les vieux chums. Pour ce qui est du concept, on avait le choix entre voir une girafe dévorer le plus de pizzas possible en deux minutes quarante-cing secondes ou bien refléter l’idée de base de la chanson, soit l’amitié. Le clip montre 4 kids d’une dizaine d’années – nos répliques en plus jeune - étant les meilleurs amis du monde, chevauchant leur bigwheels dans les rues de Victoriaville. Chacun trouve un item, comme un macaron, une paire de lunettes de soleil, des menottes, une guitare, que l’on retrouve sur nous à la fin du clip, pour se rendre compte à la fin que les 4 jeunes et les 4 membre du groupe sont les même personnes. Le clou du vidéo survient dans la dernière minute alors que les mini Major Lee nous offre une performance à tout casser. Un peu plus et NewRock cassait notre contrat pour les signer, eux!

[CATH] Votre premier album est paru via les Disques NewRock l'an dernier, un label qui possède son propre studio d'enregistrement, qui a reçu la visite de plusieurs artistes québécois comme FIFTH HOUR HERO, EACH ON SET, COUCH ADDICTION et MUTE. Comment vous êtes-vous associés avec cette étiquette? Comment décririez-vous votre relation avec le label?

[ANTONI] NewRock avait notre démo depuis trois ans. Le groupe était au neutre quand le téléphone a sonné. On doit une fière chandelle à Francis Bédard de la formation LES PISTOLETS ROSES pour avoir mis de la pression sur les dirigeants de la maison de disques leur répétant qu’on était un jeune groupe avec beaucoup de potentiel, et qu’il ferait un bon coup en nous signant. On avait fait quelques spectacles dans le passé avec Francis et la formation PÉNÉLOPE, ça marquait le début d’une longue complicité et il a rapidement vu l’énergie qu’on déployait sur scène. Francis a par la suite réalisé le premier album de MAJOR LEE. Le respect est mutuel entre MAJOR LEE et Les Disques NewRock. La communication est facile entre nous car toute l’équipe de NewRock a le même âge que les membres du groupe. On travaille tous très fort, et c’est motivant d’en voir les résultats.

[CATH] Les paroles des chansons de MAJOR LEE sont toutes en français. Quels genres d'avantages et inconvénients est-ce que ça apporte au groupe? Avez vous déjà songé à composer quelque chose en anglais?

[ANTONI] Le principal avantage à chanter en français c’est l’accès plus facile aux médias. Le CRTC impose un quota minimum de diffusion francophone et on profite ainsi de ça. Est-pour ça qu’on chante en français? Du tout! Les premiers textes que j’ai écrits dans le passés étaient en anglais. On a un jour traduit une chanson dans le seul but de figurer sur une compilation ska francophone. Ce fût le coup de foudre. Je me suis mis à toutes les traduire. On s’est aperçu que nos amis proches commençaient à retenir nos paroles. Et je n’écris qu’en français depuis ce jour. De plus, si notre musique devient un outil de promotion de la langue française, et bien tant mieux. Le principal désavantage à chanter en français est la limitation géographique de l’auditoire. Le punk francophone ne peut vivre qu’au Québec et en France. Mais tant que chaque domicile québécois et français n’aura pas notre album, on continuera en français. Le marché anglophone est énorme mais la compétition y est gigantesque.

[CATH] Pourquoi avoir choisi un nom anglophone (et qu'est-ce qu'il signifie)?

[ANTONI] Le nom MAJOR LEE n’est pas anglophone. On le prononce et on encourage à la prononcer en français. Le nom est l’aboutissement d’un concours organisé dans le but de trouver un nom au GROUPE SANS NOM. C’est un croisement entre état major et général lee. On aimait bien l’idée d’un personnage du style de CAPITAINE RÉVOLTE ou COLONNEL MOUTARDE. On ignorait où on s’en allait avec le concours mais tout ce qu’on savait, c’est qu’on ne voulait pas de nom commençant par Les. On s’est vraiment identifié au nom MAJOR LEE quand on a vu pour la première fois notre logo. Et voilà!

[CATH] Parlez-nous un peu de votre entourage musical proche. Est-ce qu'il y a des groupes auxquels nous devrions porter attention?

[ANTONI] Victoriaville est une vraie fourmilière de groupes musicaux de tous genres. Le Festival Jeunesse de Victoriaville en est la preuve à chaque année. En 2005, trois formations – à ce que je sache - de Victoriaville ont signé avec diverses compagnies de disques. MAJOR LEE avec Les Disques NewRock, SUBURBS avec Slam Disques et U.SEED avec Freedumb Records. C’est du jamais vu. Je suis co-propriétaire d’un studio d’enregistrement et je vois passer beaucoup de groupes qui viennent enregistrer. Le talent est incroyable, rarement pour la radio mais avec un immense potentiel. Les jeunes sont talentueux et commencent de plus en plus jeunes à se produire en spectacle et à enregistrer leur musique. Mes coups de cœurs de la scène anglo-victoriavilloise sont : NEVER HIT AGAIN, SKY SOLD HEAVEN, THE GOBSTOPPERS et/ou DOORLUCK. Je vais arrêter d’en nommer, je m’attirer des ennuis…

[CATH] Depuis vos débuts, vous avez partagé la scène avec plusieurs groupes locaux qui ont un bon suivi comme ERIC PANIC, GRIM SKUNK et les TROIS ACCORDS pour ne nommer que ceux-là. Si vous pouviez choisir n'importe quel groupe québécois, avec qui aimeriez-vous le plus partir en tournée?

[ANTONI] Excluant tous ceux avec qui on a déjà tourné : EXTERIO et VULGAIRES MACHINS. Ces deux groupes existent depuis un bon bout de temps et sont devenus des références dans le monde punk francophone québécois. Nos styles se complètent bien et ça serait un honneur de tourner avec eux.

[CATH] Vous avez joué au Festival de la tomate en Abitibi cet été. Est-ce que c'était étrange comme expérience??

[ANTONI] La seule chose d’étrange est les treize heures de route pour s’y rendre. L’accueil a été génial et les gens très accueillants. On nous avait fait peur en disant que les gens lançaient des tomates quand ça ne faisait pas leur affaire. Mais on n’en a pas reçues. Je crois que LONGUE DISTANCE en a reçu deux ou trois. Ce n’est pas vrai. C’était une fin de semaine vraiment le fun. On y retourne n’importe quand. L’Abitibi, c’est loin, mais ça en vaut la peine.

[CATH] MAJOR LEE a fait beaucoup de prestations un peu partout au Québec, sans oublier Princeville et St-Apollinaire, mais très peu à Montréal. Quel est votre plan d'attaque pour conquérir notre ville?

[ANTONI] Kidnapper Arianne Moffat et la torturer jusqu’à ce qu’elle nous révèle tous ses secrets sur comment conquérir musicalement planète Montréal. Sérieusement, on attendait que Musique Plus soit derrière nous pour enfin se décider à traverser le pont. Et notre vœu se réalise, donc, on arrive!

Quelques questions brèves:

À part jouer de la musique, MAJOR LEE aime bien...
Les filles, la Play Station, les filles, le paintball, le parachute, le snowboard et les filles...

Le premier groupe qui a complètement changé votre vie est...
Pour moi, Antoni… musicalement, RANCID, et sur scène, GOLDFINGER.

Une cause qui vous tient particulièrement à coeur...
Les jeunes… La jeunesse d’aujourd’hui est le dirigeant de demain. Le suicide me bouleverse énormément. C’est un acte que je ne comprends pas encore. J’en parle beaucoup dans mes textes.

Qu'est-ce que vous planifiez faire du reste de l'année 2006?
Le NewRock Tour 2006, jusqu’en novembre. Ensuite suivra l’enregistrement du deuxième album qui sortira au printemps 2007.

Mot de la fin?
Vous ne connaissez pas MAJOR LEE tant que vous ne les avez pas vu en spectacle. Venez nous voir, on n’est pas gênant.

Merci à Antoni d’avoir pris le temps de discuter avec nous, ainsi qu’à Geneviève chez NewRock pour avoir cordonné le tout!



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