Mute (05 décembre 2005)



J’ai eu la chance de réaliser une entrevue avec l’excellent groupe de Québec, MUTE. Les gars sont très sympathiques et nous offrent un punk-rock mélodique de très grande qualité, et ce, depuis quelques années.
- Julien

[JULIEN] Avant de commencer, j’aimerais bien que vous vous présentiez à nos lecteurs (nom et rôle dans le groupe).

[MUTE] Louis Cyphère – Guitare
Marc-Antoine Bastien – Guitare + Voix
Jean-Paul Immonde – Basse + Voix
Étienne Dionne – Batterie + Voix

[JULIEN] Comment toute l’histoire de MUTE a débutée?

[MUTE] Cette malencontreuse expérience a démarrée en 1998 dans un établissement d’enseignement de niveau secondaire. Quatre jeunes écervelés se sont plu à croire qu’ils pouvaient jouer des instruments de musique malgré leur quasi-absence d’expérience en la matière. La plupart des membres originaux ont depuis abandonné le navire si bien que Mr. Dionne est le seul survivant de la version 1.0 de MUTE.

[JULIEN] Les choses vont bien pour MUTE en ce moment. Vous êtes partis en tournée avec plusieurs gros noms (RISE AGAINST, BELVEDERE, CRAIG’S BROTHER) ces derniers temps, êtes vous fier de tous ces accomplissements?

[MUTE] Je ne sais pas si « fier » est le terme exact étant donné que c’est la quantité de travail avant ces tournées qui nous a permit justement d’être choisi pour y participer. Avoir trimé assez dur pour qu’on nous considère digne de prendre part à ces événements est ce dont on est le plus fier. Mais il va sans dire que la tournée 123 Punk! fut une des périodes les plus mémorables pour nous.

[JULIEN] Quel a été l’effet de ces tournées pour le groupe?

[MUTE] Premièrement, elles nous ont permise d’améliorer grandement la qualité de nos performances scéniques. Il n’y a rien de mieux pour former un groupe que de jouer six ou sept spectacles consécutifs. Ensuite, cela nous a permit de mieux apprécier la scène punk québécoise qui est, quoi que l’on puisse en dire, toujours en santé et de loin supérieure à la majorité des autres endroits où nous avons joué en Amérique du Nord.

[JULIEN] Aimez-vous jouer dans les régions éloignées du Québec? Est-ce que les spectacles sont différents qu’en grande ville?

[MUTE] On adore les régions éloignées. Beaucoup de nos meilleurs shows s’y sont produit (Sept-Îles). Les spectacles en région sont différents parce que le public est toujours un peu plus survolté qu’en ville.

[JULIEN] Vous avez lancé un clip pour Remember S. Jankis. Pouvez-vous nous en expliquer le concept?

[MUTE] En fait… non. Le clip a été réalisé par notre bon ami NéoVintage et on lui a donné carte blanche par rapport au concept. À un moment donné il nous l’a expliqué, mais on l’a oublié. C’est un concept quelque peu… étrange. C’est comme une espèce de saga futuriste avec en tant que personnages principaux deux héros appelés Co-ed et Cambouis qui combattent les feux de l’enfer sous une trame sonore qui ressemble de manière suspecte à LED ZEPPELIN et… oups oubliez donc ça.

[JULIEN] Avez-vous été surpris que Musique Plus vous appuie tant et vous donne un bon temps d’antenne?

[MUTE] En fait, oui. Au début, faire un clip n’était même pas dans nos projets, mais notre label nous a tordu un bras et demi et on n’a pas eu le choix de céder. Réjean Laplanche nous a supporté de manière inconditionnelle dès notre premier passage à Musique Plus. La participation à la tournée 123 Punk! a fait que le vidéoclip s’est retrouvé jusque dans la rotation régulière. On a aussi eu vent qu’il avait été diffusé plusieurs fois à Much Music (selon des amis ontariens). Incroyable.

[JULIEN] À quand le prochain vidéo?

[MUTE] Nous sommes présentement à la conception d’un deuxième clip en animation pour la chanson The Pillar .

[JULIEN] Votre dernier album Sleepers est un disque de pur punk-rock. Est-ce que vous trouvez que ce genre musical est encore à l’avant-plan où il est mit de côté?

[MUTE] Sans se faire de cachettes, il faut reconnaitre que le punk-rock a déjà vu de meilleurs jours… Mais d’un autre côté, est-ce que le genre a déjà vraiment été à l’avant plan? Aucun des groupes de ce genre n’a jamais bénéficié d’une présence notable dans les médias à grande échelle. En tout cas, certainement pas comme les groupes populaires auprès de notre jeunesse d’aujourd’hui (pas besoin de nommer de nom ici). Mais je n’irais pas jusqu’à dire que le punk-rock est « mit de côté ». Comme mentionné plus haut, il est encore passablement fort au Québec et on n’a pas à s’en plaindre. Disons seulement qu’on apprécierait bien une petite remontée du genre dans les années à venir .

[JULIEN] Expliquez moi donc le concept de la pochette de Sleepers.

[MUTE] C’est un projet photographique d’Étienne qui collait assez bien au mot Sleepers. Les sujets photographiés renforcent un imaginaire abstrait et lugubre.

[JULIEN] Est-ce que l’approche pour l’écriture de Sleepers était différente que pour BluePrints?

[MUTE] Absolument. Sur BluePrints, on a enregistré certaines pièces qui dataient de plusieurs années et qui avaient été composé par des membres qui ne faisaient même plus partie du groupe. De plus, certains morceaux ne faisaient pas exactement l’unanimité. Pour Sleepers, le but était de faire un album sans compromis, un album qu’on aurait écouté nous même, rapide, mélodique. Comme dans le temps quoi!.

[JULIEN] Un fan de punk-rock qui se respecte sait très bien que la scène à Québec est toujours florissante et qu’elle fonctionne très bien. C’est quoi votre secret?

[MUTE] Beaucoup de groupes, beaucoup de shows… À part ça c’est difficile à dire. Une chose qui aide grandement la scène ici est notre salle de spectacle l’ANTI. C’est une salle de moyenne capacité qui héberge une bonne partie des shows all-ages. En gros, c’est une salle entretenue par des jeunes pour les jeunes. La location est très abordable et pratiquement n’importe qui peut y organiser un évènement. Le seul ennuie c’est que la musique qui joue entre les groupes est d’un goût douteux…

[JULIEN] Il est de plus en plus compliqué pour des bands de se faire aider, que ce soit par des magasins ou encore des compagnies de disques. Parlez-nous donc un peu de votre association avec le Exo-Shop puisque ça semble être vraiment solide.

[MUTE] L’association avec Exo s’est faite tout naturellement. Étienne travaille maintenant comme graphiste pour eux. Exo est un skateshop indépendant qui a toujours encouragé la scène punk avec l’ANTI (skatepark/salle de spectacle) et en engageant à 48% des musiciens, à 48% des skateboarders et à 4% des YO. Combien d’entre vous ont un emploi où leur patron les encourage à prendre des congés pour aller faire des spectacles?

[JULIEN] Est-ce plus difficile selon vous de percer le marché musical parce que vous venez du Québec? Les groupes d’ici ont la vie beaucoup moins facile que les groupes américains qui peuvent faire de grosses tournées en restant dans leur pays ou encore signer avec une des millions de compagnies de disques qu’on y retrouvent. Qu’en pensez-vous?

[MUTE] Eh bien, si percer le marché musical veut dire percer le marché américain, être du Québec (où de n’importe quel pays autre que les USA) doit être un gros désavantage. Par contre, je ne crois pas que les groupes américains on la vie si facile que ça. Pour chaque groupe qui se retrouve sur une grosse tournée, il y en a un millier qui partent sur la route par eux-même dans des conditions misérables et de qui on entendra probablement jamais parler ici, parce qu’un groupe a beau venir des États Unis, il doit quand même travailler excessivement fort pour arriver à avoir une semblant de réputation qui excède les limites de sa municipalité. De plus, il existe d’autres marchés aussi, sinon plus attrayants que les États-Unis. L’Europe par exemple.

Questions rapides :

[JULIEN] Qu’est-ce qui se retrouve dans votre lecteur cd?

[MUTE] A WILHELM SCREAM, MUCH THE SAME, THE SWELLERS, PMX, BELVEDERE, MARATHON, HOPE.

[JULIEN] Votre groupe préféré du moment?

[MUTE] HOPE.

[JULIEN] Dernier film que vous avez visionné?

[MUTE] Gorilles Dans La Brume; Mon Vaillant Primate I & II

[JULIEN] Dernier livre que vous avez dévoré?

[MUTE] Lire? On est un peu comme Jacques Demers nous autres.

[JULIEN] Le meilleur show que vous avez fait?

[MUTE] Impossible de n’en nommer qu’un seul. En voici quelques uns :
- Québec W/RISE AGAINST, BELVEDERE
- Trois-Rivières W/RISE AGAINST, BELVEDERE
- Cambridge W/HANDHELD, SOME OTHER INFLUENCE
- Warwick W/EACH ON SET
- Sept-Iles W/TEN FOOT POLE
- Sept-Iles W/CRAIG’S BROTHER
- Sept-Iles W/NOT 4 PIGS, WASTED SUNSAUCE
(Nous avons très hâte de terminer notre nouveau cd pour pouvoir aller le lancer en grande primeur là-bas, mais ce n’est pas pour tout de suite…)

[JULIEN] Le meilleur show auquel vous avez assisté?

[MUTE] FACE TO FACE W/BOUNCING SOULS, AUTOMATIC7. Québec, 1996. – L. Cyphère; NO USE FOR A NAME Leche Con Carne Tour, Québec, 1996. – Étienne

[JULIEN] À quand votre prochain passage à Montréal?

[MUTE] Bientôt on l’espère…

[JULIEN] Avez-vous commencé à écrire du nouveau matériel en vue du prochain disque?

[MUTE] Oui, nous avons beaucoup de matériel en banque. Déjà sept pièces sont complétées (sans vocal) et une dizaine d’autres qu’on doit monter en groupe. Quoi qu’il soit un peu difficile d’être complètement objectif face à la qualité des nouvelles chansons, on aime croire qu’elles sont plus rapides, plus agressives, plus mélodiques et plus diversifiées. En gros, meilleurs, mais quel groupe ne tient pas ce discours face à son prochain album? Quand on a sortie Sleepers, on blaguait en disant « Douze tounes, un beat ». Cette fois-ci, un de nos buts est de ne pas pouvoir faire cette blague à la sortie du prochain album. Un autre objectif pour la prochaine parution est de pouvoir dire qu’on a notre propre son. Jusqu’à maintenant, tous ce qu’on a endisqué est lourdement influencé par nos groupes préférés. Nous voulons essayer de briser le moule un peu. Mais tenez-vous le pour dit, nous n’avons pas l’intention d’abandonner le « beat interdit ».

[JULIEN] Avez-vous des scoops pour nous concernant ce qui s’en vient pour MUTE?

[MUTE] Peut-être un petit voyage coast to coast au printemps…
Peut-être l’ajout d’un clavier pour rehausser nos chansons d’ambiances électro-pop….. NON.

Merci à MUTE d’avoir prit le temps de répondre à nos questions, c’est très apprécié!



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