One Night Band (10 mai 2007)


Entrevue de Cath avec Christiane et Alex

[CATH] Qu’est-ce qui vous a inspiré à commencer à jouer de la musique?

[ALEX] Moi, plus jeune, j’étais comme dans un trip LED ZEPPELIN, etc. J’avais à peu près quatorze ans et mon meilleur ami à l’époque s’était acheté une guitare. Dave, le bassiste du ONE NIGHT BAND, avait un piano. Il restait donc un seul genre d’instrument, la basse ou le drum, alors j’ai choisi le drum et j’ai demandé à ma mère de m’en acheter un. Elle a dit oui, ça a commencé là, et j’ai joué du drum pendant plus de dix ans ! J’ai joué du drum dans plusieurs bands et j’ai toujours joué de la guitare on the side et ainsi je me suis rendu où je suis aujourd’hui.

[CHRISTIANE] Moi c’est difficile de dire où ça a commencé. J’ai toujours été attirée par la musique, ma mère était musicienne et elle m’a initié très jeune au piano, puis ensuite à l’école ce qui m’intéressait le plus c’était la musique, donc j’ai appris le saxophone et puis j’ai continué mes études là-dedans au secondaire. Le saxophone m’attirait comme instrument et j’ai eu un parcours assez diversifié, j’ai fais mes études dans le jazz, l’écriture, j’ai aussi fais des cours de chant, ça m’a toujours attiré.

[CATH] Vous avez changé beaucoup les membres du groupe, surtout derrière la batterie…

[ALEX] Oui... c’est le cinquième ce soir ... en fait le batteur qui joue en ce moment c’est le premier... le deuxième batteur – en fait, il est avec nous juste pour la tournée, puis ce soir le nouveau batteur vient voir... C’est difficile, on essaie de ne pas arrêter, de toujours continuer, mais à chaque fois qu’y a un membre du groupe qui change, il drop en arrière. C’est dur.

[CHRISTIANE] Il y a toujours une petite formation à refaire, avec le nouveau membre pour l’initier au style et aux tounes qu’on fait. Les cuivres aussi, y a eu beaucoup de roulement. À un moment donné on était trombone ténor, sax, trompette, deux sax… là c’est deux sax, trombone...

[CATH] Donc vous avez quelqu’un d’enligné de façon permanente?

[ALEX] Là, le batteur qui joue ce soir, comme je te disais, c’est son dernier show mais on est en train de pratiquer avec un autre batteur qui va être le batteur permanent. C’est l’ancien batteur de LA CAGE DE BRUITS. Ça n’a pas rapport vraiment, comme style, avec le nôtre, mais il est très bon, très solide et il apprend vite. C’est le nouveau batteur qui va jouer avec nous et on espère qui va durer le plus longtemps possible! Il s’appelle Steve Dumas (aucun lien avec DUMAS).

[CATH] Est-ce que tous les membres du groupe sont originaires de Montréal?

[CHRISTIANE] Pas mal oui, Montréal et les environs, Rive-Sud... à l’exception de Patty qui vient de l’Ontario, d’Ottawa plus précisément. On l’a importée!

[CATH] Selon vous, qu’est-ce qui fait que Montréal se démarque au niveau de la scène et de l’industrie?

[ALEX] Si je parle au niveau ska-reggae et tout ça, Stomp Records est une des plus grosse compagnie spécialisée dans le style au monde et veut veut pas, il y a eu un buzz avec ça il y a dix, quinze ans, avec KINGPINS, UNDERCOVERS, PLANET SMASHERS, GANGSTER POLITICS. Alors, quand tu vas à l’extérieur de Montréal, tu vois à quel point cette ville est mythique pour les gens. Il y a quelque chose de particulier, juste parce qu’on a une emblème, on a un logo, qui fait comme « Montréal Ska ». Donc je pense que la culture reste et qu’il y a donc toujours des bands qui vont se développer de Montréal et qui vont se démarquer à l’étranger parce qu’on a une culture qui est vieille de quinze ans... Si tu vas à Québec, il y a des bands ska, mais peu ou pas de scène ska.

[CHRISTIANE] Ici, on dirait que ça unifie, juste le fait que Stomp soit là.

[CATH] Selon vous, quel group local est le plus underrated?

[ALEX] Underraté..hmm...Tous styles confondus? Méchante question... Je dirais PAUL CARGNELLO, c’est comme le premier nom qui me vient en tête. J’ai tout le temps aimé ses albums. On a un peu plus entendu parler de son nouvel album, mais y reste très obscur. Il continue quand même à faire ses affaires. Mais y en a plein de band comme ça.

[CATH] Quel groupe local, actif ou défunt, a le plus marqué la scène?

[ALEX] ME MOM & MORGENTALERPLANET SMASHERS… je dirais ROLLERSTARTER.

[CATH] Parlons de votre chouette album Way Back Home – êtes-vous satisfait de l’accueil que l’album reçoit jusqu’à maintenant?

[CHRISTIANE] Moi j’avais aucune attente. C’est un premier album, on a vendu deux milles albums environ, donc je suis parfaitement satisfaite avec ça.

[CATH] Comment vous déterminez le succès pour ONE NIGHT BAND?

[CHRISTIANE] Moi je pense que c’est beaucoup la quantité de shows qu’on fait. On essaie de faire le plus de shows possible, dans le plus de villes possible, et de se faire connaître comme ça. C’est vraiment ces efforts là qui portent le plus fruit.

[ALEX] Ça c’est la reconnaissance aussi. Avant cet album là, il y a un an, je dis cela sans prétention, on était rien du tout, on était modestes, on jouait devant nos chums dans les bars à Mtl. Depuis un an on a acquéri un certain «statut »...

[CHRISTIANE] On va jouer aux États-Unis et y a des jeunes qui nous chantent nos chansons ! Ils connaissent ce qu’on fait, c’est déjà quelque chose!

[ALEX] Moi je dirais oui, je suis satisfait. Pour un premier album, il nous reste beaucoup de chemin à faire. Il en reste au moins quinze fois ce qu’on a fait. Mais c’est bien parti, je suis content. C’est surtout à cause des tournées… ben oui pis non. L’année passée, on a fait la tournée des États-Unis, la côte ouest; ils avaient jamais entendu parlé de nous donc, comme au Nouveau Mexique, ils connaissent pas Stomp, ni les PLANET SMASHERS...

[CHRISTIANE] ... mais là ils connaissent le ONE NIGHT BAND!!

[ALEX] Quand on est allés sur la côte Est, c’était notre première fois dans plusieurs places, et les gens connaissaient déjà plus nos tounes [que sur la côte ouest]. On voit vraiment le bouche à oreille qui se fait. Avec la méga tournée qu’on fait, on va focuser plus sur le Canada. On ne peut pas se permettre de descendre en Californie pour des shows à cinquante piastres la soirée. On est plusieurs et ça coûte cher de tourner.

[CHRISTIANE] C’était pas mal plus difficile aux États-Unis, tu sais au Canada on connaissait pas mal de monde, on avait pas mal de contacts, que ce soit nous où les autres bands avec qui on joue, on connait toujours quelqu’un où coucher et on a des garanties dans les bars. Aux États-Unis on connait personne, on ne faisait pas beaucoup d’argent parce que des fois on jouait devant des salles vides, dans ce temps là c’est dur financièrement.

[ALEX] ...et sur le moral!

[CHRISTIANE] Moralement aussi, on a pris une drop au début des shows aux States. On a eu des dates au New Jersey, à Philadelphie, Boston, New York. La quatrième fois qu’on joue à NY, on voit du monde en avant, ils chantent les chansons, on sort dehors et il y a quatre jeunes avec des chandails ONE NIGHT BAND. C’était quelque chose...Ils nous disent, « oui on vous a vus dans le Bronx l’année passée ».... on était comme...wow !!!

[ALEX] Donc on voit une évolution comme ça c’est cool.

[CATH] Vous êtes avec Stomp, on sait que c’est une étiquette qui fait la job, qui a une bonne réputation et qui est connue au Canada et même sur la côte est américaine. Mais quand on parle d’une représentation aux États-Unis, jusqu’à quel point est-ce que leur portée se fait sentir?

[ALEX] C’est sur que ça aide, mais on développe aussi nos contacts, à force de jouer avec des bands. Comme là on vient de tourner, on a fait trois shows avec les TOASTERS et quatre shows avec STEADFAST UNITED, le nouveau band du guitariste des SPECIALS. C’est sûr que ça aide de jouer avec d’autres groupes, des groupes originaires de l’endroit ça amène toujours plus de monde et ça ouvre des portes. C’est aussi toujours plus le fun !

[CHRISTIANE] C’est sûr aussi que Stomp nous apporte la distribution. On est distribué avec Warner Music, donc partout en Amérique du Nord, nos CDs se vendent en magasins.

[CATH] Quand on pense que les PLANET SMASHERS disent que même pour eux c’est parfois difficile aux USA parce qu’il existe certains endroits où il n’y a pas beaucoup de gens qui assistent aux spectacles et ils se font traiter comme des moins que rien…

[ALEX] : Oui, pour les gens d’ici c’est difficile à imaginer, les PLANET SMASHERS remplissent ici le Spectrum. On arrive des fois dans des places et c’est le chaos et on se fait dire que les PLANET SMASHERS ont joué là l’année dernière. C’est dur à croire pour nous mais on voit que lorsque tu retournes plusieurs fois à un endroit, tu finis par voir plus de monde. Il faut dire aussi que Stomp est plus établi dans l’Est que dans l’Ouest.

[CATH] Aux USA il n’y a plus vraiment de réseau comme il y en avait un au temps de Moon Ska...

[ALEX] Oui mais il y a Megalith. Ils ont des bons groupes, c’est cool, mais ce n’est pas comme Stomp Records. La structure n’est pas aussi bien établie. Ils n’ont pas de distribution. Une fois j’ai vu un cd de Megalith, c’était un cd gravé.... c’était MILE 21 je pense...

[CATH] Vous avez un clip sur MySpace, est-ce que ça tourne aussi à MusiquePlus?

[ALEX] Oui... ça a tourné une fois ! Et on l’a enregistré et on le réécoute depuis... Non, mais pour vrai.

[CHRISTIANE] On l’a envoyé à MusiquePlus et on est passé une fois à l’émission Plus Sur Commande, Alex a fait une petite entrevue, on a présenté le clip et l’album. Mais le clip n’est pas dans la rotation régulière.

[CATH] La télé, il y a dix ans, c’était un bon moyen de diffusion pour un groupe. Est-ce que ça a toujours la même portée? Est-ce que c’est vraiment nécessaire à la promotion d’un band?

[ALEX] Je ne pense pas que c’est nécessaire. Ça aide…

[CHRISTIANE] Avec l’internet et MySpace aujourd’hui, c’est ça qui est pas mal plus utilisé. C’est sûr que ça ne peut pas faire de tort la télé, tous les moyens sont bons.

[CATH] Mais c’est pas forcément MusiquePlus qui va aider un artiste à vendre….

[ALEX] Pas vraiment, parce que leur public est autour de douze, quatorze ans, donc ce n’est pas vraiment la principale clientèle de nos shows.

[CHRISTIANE] Les gens qui ont un intérêt pour le ska n’écoutent pas principalement MusiquePlus... Parce que c’est rare que tu vois du ska....

[ALEX] …sauf que c’est sûr que ça nous ouvrirait à d’autre monde, à un autre public. On ne voit pas beaucoup de ska, c’est rare. Du reggae un peu, des groupes comme BEDOUIN SOUNDCLASH ça tourne, mais du ska, pas vraiment.

[CATH] Toutes villes confondues, quelle est la plus belle salle dans laquelle vous avez joué?

[ALEX] Moi, pour la salle, c’est à L’Anse-à-Beau-Fils en Gaspésie. Ça sonnait super bien. Premièrement tu es en Gaspésie, c’est cool… et la salle était super belle, c’était bien trippant. Sinon, le Café Campus aussi c’est cool.

[CHRISTIANE] Moi à Montréal c’est La Place À Côté, pour le son, ça sonne super bien. On a de la place sur scène, belle petite ambiance et c’est neuf. Sinon la place à Victoria j’avais aussi trouvé ça très beau, le Lucky Bar. C’était un peu comme le Divan Orange, j’avais bien aimé ça.

[ALEX] Dans un autre genre, il y a aussi les basement shows - c’est aussi nice.

[CHRISTIANE] Le setup au Vans était aussi intéressant. Il y avait vraiment de la place, on avait des micros sans fils, on pouvait courir partout. J’en ai vraiment profité cette fois là !

[CATH] C’est quoi le plus beau moment de votre carrière jusqu’à maintenant?

[CHRISTIANE] Pour moi ça a été à New York cette semaine. Moi ce show là, ça a été une des meilleures soirées. Le fait qu’on joue à New York City, avec beaucoup de bands connus dans le ska, c’était pas comme un autre show, c’était vraiment comme si on faisait notre chemin, avec les jeunes qui ont le chandail de notre band…

[ALEX] Pour moi, c’est quand on a passé les douanes. On était à BC, on n’avait pas reçu nos permis de travail et il fallait traverser aux States, pour partir pendant un mois et demi... Si on ne passait pas, il fallait annuler quelque chose comme quarante dates et revenir d’où on venait de l’autre côté du Canada.... C’est beaucoup quarante dates, c’est poche. Heureusement, on n’a pas eu de misère à passer. Il y a eu beaucoup de bons moments, c’est comme les petits sandwiches au jambon qu’on mange sur l’autoroute…

[CHRISTIANE] Toi qui parlais plus tôt de L’Anse-à-beau-fils, ça c’était vraiment le gros party aussi, l’ambiance avec les gens qui dansait sur les tables, le niveau de participation du public était 100%. C’était également un des bons moments.

[CATH] Qu’est-ce qui se passe avec vous cet été?

[ALEX] On repart en juillet pour une tournée canadienne, puis une tournée québécoise et maritimes en août avec JFK. On l’a rencontré à Winnipeg l’année dernière et il a trippé sur notre cas, on a trippé à jouer avec lui, donc on est son back-up band ! C’est un trip différent. Et en août on fait le Québec presqu’au complet. En septembre on part encore... on part tout le temps !

[CATH] Qu’est-ce qui devient de la collaboration entre Lorraine Miller, Mitch Girio et ONE NIGHT BAND?

[ALEX] : Ils ont participé à la production de l’album... mais je peux te dire deux choses : Mitch, celui qui a réalisé l’album a beaucoup collaboré à certaines pièces, il fait des show solo. Il joue Crazy à chacun de ses shows… C’est cool. Moi, Dave, Laurent et le guitariste de LO AND THE MAGNETICS on a un side-project où on joue du reggae instrumental à NDG tous les dimanches. C’est BLOOD AND FIRE. On joue aussi au Quai des Brumes et à l’Escogriffe.

[CATH] Et qu’arrive-t-il du road movie…DVD…?

[ALEX] Oui, c’est toujours un projet, mais c’est en devenir ! On voulait que ça sorte pour le printemps, mais bon...

[CATH] Avez-vous déjà du matériel pour un nouvel album??

[CHRISTIANE] On commence tranquillement pas vite.

[ALEX] Après le film!! Disons, d’ici un an ou un an et demi.

Merci à Christiane et Alex d’avoir pris le temps de discuter avec nous, ainsi qu’à Melissa pour avoir coordonné le tout. Un merci spécial à Val pour son travail de recherche et de transcription.



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