Federal - The Unchoice Of Defenses (Indépendant)


Auteur: Cath (17 septembre 2005)
En magasin le: 10 mai 2005
Cote: 10/10

Les albums qui sont pour moi les plus marquants le sont parce qu’ils arrivent vraiment à pic et parce que j’arrive à me retrouver quelque part à l’intérieur de tout ça. Je tombe souvent sur des CDs que je repousse assez rapidement parce que c’était tout simplement pas tellement de ça dont j’avais besoin pour l’instant, et ça me laisse toujours sur un sentiment amer de savoir que tout aurait bien tourné si ça me tombait dessus un jour où mon humeur collerait un peu plus avec ce qui s’en dégage.

Tout d'abord, je suis presque contente que The Unchoice Of Defenses ne soit pas atterrit dans mon lecteur cd dès sa sortie l'été dernier. Même si c’est le genre de truc qui sonnerait trop bien autour du feu de camp, aujourd’hui j’aurais de la misère à regarder bêtement les journées raccourcir – ces mélodies seraient devenues un souvenir d’été que j’aurais été incapable de placer dans un autre contexte. Et puis bon, je ne vous le cacherai pas, c’est exactement de ça dont j’avais besoin… Quelque chose de purement honnête et réfléchi, comme pour me ramener sur terre un peu. Croyez-moi, c’est assez frappant comme effet. Je m’en remets à peine… Pour la première fois depuis tellement longtemps, j’ai l’impression d’avoir entre les mains quelque chose de vraiment spécial.

Oui, on a droit à des guitares acoustiques comme ça en devient presque une mode, mais c’est foutrement mieux que la plupart; oui, on a droit à une voix qui rappelle peut-être Matt Pryor, mais on peut quand même pas en vouloir à Youri si le bon Dieu lui a donné un timbre pareil; oui, les passes de piano abondent, mais là encore une fois ne vous attendez pas à entendre des arpèges conventionnels et plates; oui, la batterie fait un clin d’œil assez peu subtil au son de celle des Get Up Kids, mais je pense qu’à ce sujet on s’entend tous pour dire que c’est une bonne chose. Des paroles jusqu’au artwork en passant par les mélodies captivantes, la tournure est personnelle et le tout se distingue au moyen d’un grain de magie comme ça cours pas les rues.

Impossible de passer à côté du tube Glorious Elements, de loin la chanson la plus fougueuse et catchy de la liste. Vous allez avoir ça dans la tête pendant des jours ! Ou encore Friends, Enemies & Excuses qui suit en continuant dans la même veine avec ses touches plus pop punk. On ralentit un peu le rythme avec Estrella (TQ), une ballade enrichie d’arrangements à cordes et de la contribution vocale de Kristen May de Veda. L’émotion (pas dans le sens quantitatif mais plutôt dans le sens qualitatif) qui se dégage de la poignante I Lied When I Said I Was Lying est tout simplement indescriptible. Le reste de l’album demeure ainsi dans le plus détendu, jusqu’à l’incroyable Permanent Markers vs. Tipp-Ex - note à part, tout le monde, Tipp-Ex c’est l’équivalent du Liquid Paper par chez nous… Cette chanson-là vaut l’album à elle seule, avec ses drums déconstruits mais pas trop, des mélodies tristes mais juste assez, une pointe d’émotion authentique mais surtout une délicatesse précieuse. Parlant des drums… je pourrais juste dire wow, mais je vais aussi vous dire que c’est Billy Brimblecom (des Blackpool Lights, sans rentrer dans les détails) qui est assis derrière la batterie. Ah oui c’est vrai, je suis aussi passé à côté d’un autre (gros) détail, qui est que l’album est produit par Ed Rose, nul autre que l’homme derrière la console pour une pile de groupes comme (eh oui!) les Get Up Kids et leurs satellites, Motion City Soundtrack, Coalesce, The Casket Lottery , le dernier Spitafield et je pourrais continuer longtemps ainsi. L’intro et la pièce de clôture, en se renvoyant leur propre écho, viennent encadrer un album qui forme déjà un tout cohérent et complet.

Je pourrais vous parler comme ça de chaque chanson de l’album tellement il y en a pas une qui est de trop ou qui mérite moins d’attention qu’une autre. La musique de Federal, c’est tout simplement à écouter sur repeat. J’ai clairement rien entendu de mieux cette année, et depuis plus longtemps encore. Je sais pas si c’est juste moi… j’ai tellement écouté ce disque depuis deux semaines que je ne pourrais pas trouver d’autre façon de vous transmettre ce que ça vaut et ce que ça fait en dedans autrement que de vous dire de le découvrir pour vous même. Tiens quelle coïncidence, vous pourrez faire ça jeudi prochain à l’Inco, où vous serez honorés par la présence de monsieur Youri lui-même, en plus de Malcolm Bauld (ex-Frenetics) et de A Tailormade Fable de Québec… et pour tout suite vous pouvez cliquer ICI!

Remember what we’ve handled with care like the target of our looks
Misguided attempts, drastic measures, settled frontiers
And a part of us that must not be rehearsed


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