Despised Icon - The Ills Of Modern Man (Century Media)


Auteur: Fred (26 juin 2007)
En magasin le: 22 mai 2007
Cote: 9/10

La première fois que j’ai entendu DESPISED ICON, j’étais plus concentré à trouver à quoi le son de la voix me faisait penser qu’à écouter la musique. La seule conclusion logique avait alors été que le chanteur était ou bien un crapaud ou une truie (c’était avant que je sois proprement introduit au pig squeal justement...). La pièce en question, c’était Compel to Copulate qui se retrouve sur leur premier album Consumed By Poison. Depuis ce temps, la formation montréalaise a signé avec Century Media, lancé The Healing Process en 2005, remporté le prix GAMIQ de groupe métal de l’année en 2006, et, surtout, m’a convaincu qu’elle pouvait faire beaucoup plus que des bruits de truie. Malgré tout le succès de The Healing Process, il manquait encore un petit quelque chose au groupe pour que j’embarque vraiment… Et ce quelque chose, croyez-moi, ils l’ont trouvé!

Depuis ses débuts, DESPISED ICON a toujours été dans une zone grise entre le métal, le death métal et le hardcore avec d’un côté, les puristes de métal importunés par tous les breakdowns, et de l’autre, ceux de hardcore par les voix des chanteurs. Rien n’a changé à ce niveau : le groupe se balade toujours entre ces différents styles, sauf qu’il le fait maintenant à l’aide de transitions fluides, variées et bien travaillées. On se retrouve donc dans un environnement imprévisible qui n’est toutefois pas trop chaotique pour être agréable à écouter. Un exemple parmi plusieurs est la pièce Oval Shaped Incisions où on nous prend d’assaut avec un début typiquement death métal ultra-rapide supporté par un Alex Pelletier déchaîné derrière la batterie (qui ne nous donne pas une seule seconde de répit pendant les quarante minutes que durent l’album) qui aboutit finalement dans un refrain à saveur hardcore mosh-style avec gang shouts.

Un autre élément qui frappe dès la première écoute, c’est la production qui est tout simplement incroyable si on compare aux albums précédents. Le tout a été fait par Yannick St-Amand (BENEATH THE MASSACRE, ION DISSONANCE, NEURAXIS) qui a aussi contribué à la guitare. Le son est clair et chaque instrument (notamment la batterie tel quel mentionné précédemment) vous défonce avec intensité – ce qui, je crois, est l’effet qu’espère créer un groupe comme DESPISED ICON. On a aussi ajusté le tir derrière le micro. Les deux chanteurs se combinent pour produire trois différents niveaux allant du plus grave (growl) au plus aigu (« la truie ») en passant par shout plus typique du hardcore. D’ailleurs, « la truie » est utilisée de façon beaucoup plus modérée et judicieuse qu’auparavant; on en retrouve toujours amplement, mais c’est n’est plus abusif. Certains diront que le fait de devoir combiner deux personnes pour obtenir ces différents styles vocaux ne fait que démontrer la faiblesse desdits chanteurs. Peut-être, sauf que le résultat est satisfaisant et ça ajoute de l’énergie sur scène, alors pourquoi s’en plaindre? Parlant d’énergie, le groupe fait aussi bon usage des gang shouts tout au long de l’album. En particulier, sur le refrain de l’excellente pièce d’ouverture In the Arms of Perdition pour laquelle le groupe a réalisé un vidéo que vous pouvez visionner ici.

Bref, on a l’impression que le groupe a créé une bête féroce il y a quelques années qu’il maitrise maintenant à la quasi-perfection. Ainsi, sur un même album on obtient notre bonne dose de métal, de hardcore et même un petit côté mélodique avec la dernière pièce Fainted Blue Ornaments. Avec Ills Of Modern Man, DESPISED ICON a atteint son apogée et on ne peut qu’être excité d’entendre leur prochain album.

+ : Le mélange bien dosé de plusieurs styles. In The Arms Of Perdition, The Ills Of Modern Man, A Fractured Hand.
- : La force de l’album est peut-être aussi sa faiblesse : trop hardcore pour être métal et trop métal pour être hardcore. La « truie », c’est n’est pas pour tout le monde.

Pour les fans de : THE RED CHORD, ION DISSONNANCE, THROUGH THE EYES OF THE DEAD.

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