Big D And The Kids Table - Strictly Rude (Side One Dummy Records)


Auteur: Raph (21 septembre 2007)
En magasin le: 20 mars 2007
Cote: 9/10

20 mars 2007, le Ska est proclamé mort depuis déjà un petit bout et médiatiquement parlant, on pourrait bien le croire. Pourtant, comment qualifier tous ces groupes toujours actifs aujourd’hui sans cette appellation et sans ce genre si prisé de l’underground? Surtout, comment qualifier la musique festive et enflammée de BIG D & THE KIDS TABLE , vénérables rude boys convaincus de Boston, Massachusetts? En effet, BIG D, c’est dix ans bien comptés de ska et de révolution, c’est quatre albums complets et au moins six compagnies de disques différentes, c’est bien des planchers, bien des diètes forcés et bien des kilomètres, c’est des tournées par-dessus des tournées, mais c’est aussi et par-dessus tout le feu sacré. Pourquoi tant d’éloges? Simple : peu de groupes du genre peuvent se vanter d’avoir accompli autant dans les dix dernières années et bien d’autres musiciens peuvent en témoigner. Avec la sortie de Strictly Rude, BIG D AND THE KIDS TABLE peuvent se vanter d’avoir accompli quelque chose d’important de leur carrière et c’est quelque chose qui influence.

Trois ans ont passé depuis le dernier album complet du groupe et le public en salivait d’impatience. Strictly Rude, suite très attendue de leur effort acclamé de 2003 How It Goes, sera heureusement vu par plusieurs comme une suite logique à leur discographie. Brève histoire de la création de l’album : Dave McWane(chanteur du groupe) se reposait tranquillement chez lui au retour d’une tournée lorsqu’il reçoit un coup de fil particulièrement stimulant de la part de SideOneDummy. Lorsqu’on se fait dire : Seriez-vous intéressé à créer l’album dont le ska a besoin? , pas nécessaire de faire de grandes histoires. Le groupe a donc accepté l’offre et s’est lancé dans l’écriture d’un album dans la plus pure tradition BIG D & THE KIDS TABLE, mais avec cette fois cette petite touche particulière qui le caractérisera si bien. Après des semaines d’attente, ils nous livrent un album qui peut paraître plus simple en apparence, mais qui devient au combien intéressant en profondeur. Strictly Rude prend forme dès les premiers balbutiements de Steady Riot, chanson avec une rythmique qui vous rappellera vos grands classiques de la trempe de Time Bomb et compagnie. On voit tout de suite une influence très vieille école qui continuera d’être remarquée tout au long du disque. Les gars ont probablement accordé une importance capitale à faire un album diversifié car on a droit à plein de styles différents. On passe du BIG D plus classique avec Noise Complaint et Souped-Up Vinyl au punk rapide sur Hell on Earth(qui possèdent même un intro acoustique) en passant par le dub, le reggae et bien d’autres formes obscures de musique jamaïcaine si bien remixées à leur saveur spéciale bostonienne. On remarque par compte un nouveau petit engouement de la part du groupe pour les pièces plus tranquille où Dave laisse valser sa mélodica planante au gré des accords secs, des notes étouffés et d’une batterie très jazzée. C’est pas mêlant, des fois ça s’approche tellement du ska traditionnel d’antan qu’on croirait être en train d’écouter du SLACKERS!

Sur le plan musical, le groupe peut être fier de sa réalisation. Le tempo et le rythme sont excessivement bien réussis et les cuivres ont su trouver des mélodies très accrocheuses pour pousser le tout vers l’avant. Côté voix et plume, M. McWane, récemment autoproclamé auteur avec son livre, The Gypsy Mile, a exploité le meilleur de lui-même avec des textes très personnels et très épiques à la manière du regretté Joe Strummer et de son élève M. Armstrong de RANCID. Textes encore une fois dictés par sa voix si sincère et si éclairée comme il nous a habitué dans les dernières sorties du groupe.

Strictly Rude récolte les lauriers en masse depuis sa sortie en mars dernier et c’est en l’écoutant en approfondi qu’on se rend compte à quel point il le mérite. Les pièces sont d’une indéniable beauté tout en gardant une certaine spiritualité et une simplicité franche. Les gars de BIG D ont définitivement colmaté les fuites dans leur son et entrent maintenant dans la cour des grands. Chez SideOneDummy, on a visé dans le mille en tout cas. Espérons ne pas avoir à attendre encore trois ans avant un prochain opus, par pitié!

+: Du BIG D plus mature et plus peaufiné qu’avant, imaginez !
-: On ressent un certain manque d’énergie par moments.

Pour les fans de : RANCID, STREETLIGHT MANIFESTO et THE SLACKERS.

En savoir plusCritiques les plus récentesLire les commentaires (0)Ajouter un commentaire