The Aggrolites - Reggae Hit L.A. (Hellcat Records)


Auteur: Raph (12 juin 2007)
En magasin le: 05 juin 2007
Cote: 8.5/10

Vers la fin des années soixante, un des genres musicaux les plus aimés de la planète a fait ses premiers balbutiements lorsque quelques musiciens provenant de la Jamaïque en désir de nouveauté se sont mis à expérimenter à partir des rythmes traditionnels de ska. Quelques années plus tard, ce nouveau genre de musique se fit dénommé reggae et le mot commença à prendre de l’ampleur suite à une populaire chanson de TOOTS & THE MAYTALS, Do the Reggay. Plus de quarante ans après sa venue au monde, le reggae a des ports d’attache partout dans le monde et nous pouvons remercier BOB MARLEY pour cela. Cependant, n’est-il pas fâcheux qu’un seul homme ait tout le mérite pour un genre aussi peuplé et diversifié que celui-ci? L’essence de ce style et certains de ses représentants valent aussi bien la peine d’être entendus. C’est pourquoi en 2005, un bonhomme dénommé Tim Armstrong bien connu du milieu punk rock et ska signa sur sa maison de disques un groupe sur la pente ascendante qui ne tarda pas à séduire les fans de reggae et de ska traditionnel d’un peu partout. Il s’agit, bien sûr, des fameux AGGROLITES! Il faut dire qu’il ne pouvait pas vraiment se tromper avec ce groupe, puisque ses membres étaient actifs depuis déjà bien longtemps dans la scène reggae de Los Angeles sous divers projets et ont aussi servis de groupe à de grandes vedettes du genre comme Derrick Morgan et Prince Buster. Récemment, ils ont même (très) grandement contribué à l’album solo du Tim en question qui vient tout juste de sortir et qui fait bien jaser. Il faut croire que les AGGROLITES ne sont pas en manque d’inspiration et d’âme puisque maintenant un an après la sortie de leur premier album chez Hellcat et quelque temps après leur support au leader de RANCID, ils reviennent en force avec un troisième album studio du nom de Reggae Hit L.A.; la suite semble croustillante.

Lorsqu’un album connaît bien du succès, un groupe subit toujours beaucoup de pression de la part des fans lorsqu’il annonce qu’il retourne en studio pour agrandir sa discographie. C’est le cas des AGGROLITES, mais est mal informé celui qui pourrait affirmer que ce groupe n’est pas à la hauteur d’un défi comme celui-ci. Pourquoi direz-vous? Et bien, la réponse est toute simple, ils savent comment garder quelque chose que bien des groupes perdent au fil du temps, la passion. La passion de faire ce qu’ils aiment et la passion de l’exhiber à un public salivant d’impatience. Les pièces de l’album nous transmettent une joie et un plaisir que les membres ont à faire part d’une cohésion semblable. Tout au long du disque on peut s’imaginer ce à quoi une performance du groupe en live ressemble : des tas de gens bien heureux qui savourent un reggae très mélodique en chantant en chœur aux appels de la voix admirable de Jesse Wagner. Si l’on compare Reggae Hit L.A. avec leur effort précédent, on ne peut pas vraiment dire qu’ils se sont éloigné de leur recette gagnante puisque la même orchestration des pièces est là, la voix de Jesse est toujours aussi pleine de fierté et le claviériste n’a pas perdu sa touche caractéristique. Malheureusement, c’est aussi dans l’optique du non-changement dans l’approche de la formation que l’on peut découvrir les faiblesses de l’album. Premièrement, pour ceux qui s’attendaient à quelque chose de révolutionnaire (tout de même, ce serait étrange, mais quand même…), on ne peut pas vraiment dire qu’ils sont comblés ici. Ce groupe ne réinvente pas le reggae en soi, mais il lui donne sa touche personnelle, qu’en deux albums, on commence à connaître assez bien. Un autre petit côté qui pourrait être tannant pour certains, mais aussi faire son charme pour d’autres, c’est la répétition infatigable du groupe. Il faut dire que le reggae qu’ils jouent n’est pas vraiment un style qui peut se tinter de beaucoup de variances, mais parfois on commence à en avoir un peu assez si l’on écoute l’album attentivement. Si l’on reste positif, ce qui n’est pas très difficile finalement, par rapport à cela, on peut dire qu’il s’agit bien d’une suite parfaite à leur album de l’an dernier avec quinze chansons qui feront danser quiconque souhaitent se laisser un peu aller.

Les AGGROLITES n’atteindront probablement jamais la grandeur et le mythe que BOB MARLEY avait et a dans le cœur, mais ce n’est sûrement pas ce qu’ils souhaitent de toute façon. À chacun son propre monde comme on dit. De toute façon, ce groupe n’offre pas la même sorte de reggae; le leur reflète beaucoup plus celui de la culture skinhead à ses débuts, des rude boys aux crânes rasés sifflotant et martelant le sol de leurs bottes sur des rythmes joués par des groupes comme SYMARIP. Si vous êtes un fan invétéré de musique à très grande influence de la Jamaïque, tourner le dos à ce groupe serait une grave erreur. Si, en revanche, vous n’êtes pas vraiment attiré en général par ce genre de choses et croyez être déçu ici, détrompez-vous, les AGGROLITES ont pondu un troisième opus qui saura enchanter parents, enfants et autres créatures vivantes. On peut imaginer aussi bien une épluchette de blés d’inde tardive au son de Free Time qu’une fiesta étudiante au son de Work It.

+: C’est du dirty reggae à son meilleur, qui peut vraiment détester?
-: C’est assez répétitif et parfois on pourrait croire que ça revient au même.

Pour les fans de : SYMARIP, DERRICK MORGAN et TIM ARMSTRONG.

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