Elliott - Photorecording (Revelation Records)


Auteur: Cath (18 octobre 2005)
En magasin le: 11 octobre 2005
Cote: 10/10

“08.10.03 Over the past eight years all who have made Elliott what it is today have seen many things change. We've grown along with our audience and have evolved finally to our mature form. To be true to what the band and its members have stood by, (art, creation and understanding of human nature and its conection with music) it's time for Elliott to come to an end. We must do this to allow the same mind set that drove the band to drive each of us indvidually in our seperate lives.”www.elliottintransit.com

Je ne sais pas qui se souvient de ce post qui est subitement apparu sur le site du groupe en juillet 2003. En relisant les lignes que je viens de retaper, j’ai un horrible frisson qui mélange des émotions contradictoires, soit un feeling d’avoir subi une grande perte mêlé à celui d’un des plus beaux souvenirs musicaux qui soient. Elliott, Elliott, Elliott…. Est-ce qu’on saura un jour se tirer de cet affreux deuil que vous nous avez imposé? Je crois que, malheureusement, la réponse à cette question est un NON tout à fait direct et cruellement fatal. J’ai bien peur que jamais nous ne retrouvions un groupe qui fait un tel art de sa musique.

Les mecs du Kentucky ont collectivement existé sous une forme ou une autre en tant qu’Elliott pendant huit ans, collaboration qui eut comme résultat trois albums studio, U.S. Songs, False Cathedrals et Song In The Air. Photorecording est une compil posthume saturée d’une multitude de classiques tirés de leurs trois précédents. Ainsi, les plus perspicaces d’entre vous en déduiront que, si vous faites parti du culte Elliott, cet album est tout simplement incontournable. Par contre, si le contraire était le cas, Photorecording ne viendra pas changer votre opinion du groupe.

L’album est, à mes yeux, divisé en quatre parties:

La première (et la plus longue) qui regroupe les bons vieux classiques comme Away We Drift, Drive Onto Me, Blessed By Your Own Ghost, Calm Americans, Shallow Like Your Breath, Drag Like Pull.
La seconde, peuplée d’excellentes « nouvelles » pièces et autres remix (Drive qui est une version vraiment malade, plus électro, de Drive Onto Me et qui rappelle un POSTAL SERVICE peut-être un peu plus rock; Carry On qui prend une couleur différente).
La troisième, dans laquelle on retrouve des incroyables pièces instrumentales comme This program Is Not Respondig et Leona.
Arrive ensuite la dernière, qui dure à peine trente secondes – celle qui vous rappelle au moyen de quelques arpèges de piano tout légers sur un fond de bruits qu’Elliott, c’est véritablement mort.

Polis selon un angle nouveau tout en incluant quelques samples différents, les chansons de Photorecording forment un tout qui s’approche énormément de l’expérience live qu’offrait le groupe. Après tout, les pistes qui se retrouvent sur l’album on été enregistrées live en studio et ce peu de temps après la dernière performance du groupe. Bien que certains des arrangements perdent un peu de l’aspect dramatique qu’on retrouvait sur les pièces originales, des versions altérées des classiques comme Drive Onto Me, Calm Americans et Shallow Like Your Breath vont définitivement vous donner la chair de poule tout autant que les autres versions. On mise par contre davantage sur ce côté instrumental, expérimental à la limite, qui était la signature d’Elliott – je ne vous le cache pas, c’est le seul groupe duquel j’arrive à me taper des chansons de sept minutes et plus… et ça c’est pas peu dire car moi et mon attention qui se perd en quelques secondes, on n’aime pas ça quand ça s’étire en longueur. Mais c’est ça le truc avec Elliott : plus c’est long, mieux c’est, tellement qu’on voudrait que ça ne finisse jamais.

De la torturée Away We Drift à l’émotionelle Drive Onto Me, de la furieuse Dionysus Is Burning à la planante Blessed By Your Own Ghost à la passionnée Calm Americans; de l’atmosphérique Shallow Like Your Breath à la fougueuse et jam-style Drive Like Pulll; de la surprenante Bleed In Breathe Out (dévirée de Shallow Like Your Breath avec son petit côté post-électro) à la franche Drive; de la ténébreuse et délicate Believe à la triste mais sublime Carry On; des prodigieuses instrumentales This Program Is Not Responding et Leona jusqu’à ce que les dernières notes de la troublante Intro To False Cathedrals se perdent à l’horizon, l’enchaînement des chansons est tout simplement re*mar*quable. On voit décidément l’attention qui a été apportée à cet aspect du disque. Et ceci continue, même après la musique à strictement parler, lorsqu’on on tombe sur le deuxième disque, qui est un DVD du groupe.

In Transition: A Film About Elliott, est le titre du documentaire qui accompagne Photorecording. Alors là, si vous ne vous êtes pas encore remis des dernières notes de Intro To False Cathedrals (comme c’est mon cas), je ne vous suggère pas d’insérer ce disque dans votre lecteur DVD car ça pourrait être assez moyen pour votre santé mentale. Heureusement pour nous tous, le groupe a tout de même inclus parmi toutes ces émotions un moment assez hilarant qui implique un pigeon et des musiciens un peu trop buzzés… In Transition offre plusieurs extraits live du groupe, dont la majorité tirés de leur dernière tournée en compagnie de DRUMKAN et de YOUR BLACK STAR, des bribes d’explications des membres du groupe et de leur manager et amie Eva Alexiou, sans bien sur passer à côté de leur dernier show du 12 novembre au 1st Unitarian Church de Philadelphie. Ai-je besoin de mentionner que je n’ai à ce jour que très rarement eu la chance de voir de mes propres yeux quelq’un qui ressentait d’avantage sa musique que Chris Higdon?

Les fans purs et durs d’Elliott pourraient être surpris par les remix et nouveaux dérivés. Mais même dans ces nouvelles explorations, on se retrouve grâce à la façon dont le groupe élabore ses mélodies avec patience, et construit avec un brin de génie majestueux une tension qui monte et qui sait éclater au bon moment, pour ensuite se refouler et tout recommencer. Et avec la voix angélique de Chris Higdon, tout sonne comme un rêve. Photorecording est un album qui prend d’autant plus de valeur avec l’absence de dessin ou de couleur, une pochette remplie de superbes photos en noir et blanc, deux disques argents supportés par un cadre de plastique transparent, laissant absolument toute la place à la musique.

Pour donner une idée à ceux qui n’ont pas encore eu la chance de découvrir leur musique, je dirais que Elliott c’est un genre de mélange entre Sunny Day Real Estate et Radiohead; mais, même si je respecte à fond les deux groupes pré-cités, jamais et je dis bien JAMAIS est-ce qu’aucune comparaison ne pourrait rendre justice à ce qu’est Elliott. Imaginez une technique tout simplement grandiose, une présence sur scène complètement majestueuse, des mélodies triomphantes dans leur mélancolie, le genre de compositions enchantées qui expriment toute la misère de l’homme dans un rayon d’espoir... et même là, c’est peu dire.

Bound to own all of our dreams.
Intimate love affair with common man themes.
You'll come quick and you'll come here now
A fool to make it all erase.

You stand where you fall
You climb when you cave
Your looks spent the life your body would pay.
You're a minute thin when the time is always right.
You've already Americanized your thoughts.
Realize I try it's all I've got.
It's all been Americanized that's all.

You lead your life pretending that you're not found dead yet.
You've already made it, you've already met your goal.
You entertain take a taste and runaway with
It's all been Americanized that's all.
You symbolize the message that we're all ok with
We all fall in bed with, we've all lost our sense of touch.
Bound to own all of our dreams. It's all ready Americanized that's all.

You come for suicides and breaknecks
It's alright I've already made my dream.
It's alright I convince myself, it's over let's get it right.
We calm ourselves with sex and games, it's over let's get it right.
We calm ourselves with locks and keys, it's over let's get it right.
We calm ourselves with store bought dreams, it's over let's get it right.
Realize I've tried feel it's all I've got.
It's all been Americanized that's all.

You symbolize with a message that we're all ok with.
We all lie in bed with, we've all lost our sense of touch.
Bound to own all of our dreams.

It's already Americanized that's all.


[CALM AMERICANS]

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