Converge - No Heroes (Epitaph)


Auteur: Fred (11 novembre 2006)
En magasin le: 24 octobre 2006
Cote: 9/10

Dans ma hâte d’insérer le tout nouvel album de CONVERGE dans mon lecteur CD, je n’ai pas eu le temps de lire l’avertissement inscrit à l’arrière: the intensity of opening track “Heartache” will simply peel the paint from the walls. Poursuivant la longue tradition du groupe d’entamer ses albums en force (The Saddest Day, Concubine / Fault And Fracture, First Light / Last Light), les quatre premières pièces de No Heroes détruisent absolument tout sur leur passage en s’enchainant dans un sprint d’un peu moins de cinq minutes. Heartache, Hellbound, Sacrifice et Vengeance sont de parfaits exemples pour montrer comment il est possible de présenter un chaos musical de façon intense et intelligente.

Une fois qu’on parvient à démêler ce bordel, on réalise que chaque instrument joue un rôle très précis et on découvre tout le talent et le génie du groupe. Sur Sacrifice et Vengeance, le batteur est tout simplement hallucinant en réussissant à garder (et mener!) le rythme à une vitesse démesurée. Pour s’assurer de nous garder vivant jusqu’à la fin, la pièce suivante, Weight Of The World, est une pause instrumentale où les instruments eux-mêmes reprennent leur souffle. Ça l’air d’être un peu n’importe quoi, mais quand vous l’entendrez, vous comprendrez mieux. Suite à quoi, on revient à la charge avec la pièce titre de l’album qui est de loin ma favorite; un riff lourd et rapide nous entraine tout droit vers un savoureux breakdown, préparé à la perfection pendant les deux premières minutes pour ne pas dire les cinq premières chansons!

Après cette rapide et intense introduction, le groupe nous amène vers une partie un peu plus expérimentale. Rappelant la pièce You Fail Me, Plagues est une de ces chansons où le groupe nous garde sur le bout de notre siège avec un simple riff joué très lentement à répétition pendant cinq minutes. Suite à quoi, Grim Heart / Black Rose est ce qu’on pourrait appeler une balade à la CONVERGE où on prend une pause des cris, de l’agressive guitare et de la batterie déchainée. Après cette première partie, on ressent tranquillement les instruments reprendre vie; comme si ils se dégourdissaient lentement du moment plus amorphe qui vient de passer. Cependant ce réveil est un peu brutal (et désorganisé) car la suite de l’album manque tristement la structure et cohésion qui avaient été impeccables jusqu’à ce point. Les chansons qui suivent ne sont pas moins bonnes, loin de là, mais elles sont moins mémorables et on comprend plus ou moins le rôle qu’elles jouent sur l’album. À l’exception de Trophy Scars, une autre pièce plus lente et moins sauvage, mais intense à sa façon, sur laquelle on est d’ailleurs capable de clairement déchiffrer les paroles (sans le livret!).

I want to die, without this pain.
I want to live, without the guilt we give.


C’est donc à l’intérieur de cette jolie pochette que se trouve un autre excellent album de CONVERGE qui combine les côtés extrême et expérimental du groupe autant dans sa musique que ses paroles. À savoir si c’est le meilleur du groupe, je ne crois pas, mais c’est discutable. C’est aussi un album relativement accessible aux amateurs de hardcore/mathcore où on peut découvrir les différentes facettes du groupe et surtout le talent et la dextérité de chacun des membres. Mais No Heroes est, avant tout, une œuvre qui va satisfaire les fans de CONVERGE.

+: Un chaos intelligent. La batterie est incroyable. No Heroes, Vengeance, Grim Heart / Black Rose, Trophy Scars.
-: La deuxième moitié de l’album manque un peu de cohésion et de direction.

Pour les fans de: THE DILLINGER ESCAPE PLAN, CURL UP AND DIE, THE NUMBER TWELVE LOOKS LIKE YOU

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