Jean Leclerc - Mexico (Roi Ponpon)


Auteur: Math L. (23 septembre 2006)
En magasin le: 19 septembre 2006
Cote: 8/10

Que devient notre JOHNNY ? Un homme qui se donne cœur et âme à la musique. Il ne nous présente peut-être pas une musique punk, mais il est sûrement la personne qui a le plus d’attitude punk au monde, c’est-à-dire qu’il fait ce qu’il veut, quand il veut, où il veut. Le revoilà, méconnaissable, métamorphosé, transformé, mais toujours aussi unique et irremplaçable. JEAN LELOUP ne serait peut-être jamais né sans LUC PLAMONDON qui l'avait embauché pour incarner Ziggy dans STARMANIA. C'est lui qui a insisté pour que son poulain trouve un nom d'artiste et il ne pouvait porter le même nom que le comédien Jean Le Clerc...

« Un loup, ça vit en meute, mais c'est solitaire. C'est comme ça que se sentait Jean », disait sa mère.

À la composition de cette critique, on a envie de faire comme lui. À l’écoute de son nouvel album, nous sommes mélangés, tourmentés, déboussolés. Il nous rend la tâche difficile, mais tout de même, on se lance…

En 2003, JEAN LELOUP mettait à mort son personnage sur le DVD de son dernier album Exit en brûlant sa guitare Fender Jazzmaster (d’une valeur presque inestimable en passant) et en l'envoyant tranquillement dériver sur un radeau dans la rivière Yamaska. Il avait choisi de faire une croix sur son personnage de JEAN LELOUP parce qu'il s'était lassé des mêmes chansons. Trois ans plus tard, LELOUP, mort, ressuscité, nous livre MEXICO, un premier album sous son vrai nom, JEAN LECLERC. MEXICO, un disque inattendu qu’on attendait pourtant avec beaucoup d’impatience, fut lancé le 19 septembre sous l'étiquette même du DEAD WOLF avec les productions du Roi Ponpon.

Ce Mexico, qui s’avère être le huitième disque de l’artiste, se veut à l’image de son talent, c'est-à-dire totalement éclaté et imprévisible. Voilà ce que beaucoup de ses admirateurs de longue date apprécient chez lui et qui seront assez indulgent pour apprécier tous les efforts de ce travail colossal qui fut enregistré. LECLERC vole en solo et a tout fait seul sur cet opus. Il réalise l’album au grand complet et joue de tous les instruments présents sur chaque pièce. On raconte que c’est pendant une leçon de twist (!) que l'artiste a eu l'inspiration pour composer douze chansons, rien de moins. Leclerc s'est alors assuré d'y faire entendre beaucoup de guitares.

Flash, Tout le Monde en Parle, et même Salut Bonjour, voilà quelques émissions dont nous avons eu de surprenantes apparitions de Jean. Quelque chose d’inhabituel et même d’incompréhensible avant la venue de LECLERC quoi! Et justement, cela se reflète également à l’intérieur des pistes de Mexico.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que JEAN est l’un des artistes québécois les plus imprévisible de son genre et son disque ne compte pas moins de dix-sept chansons. Par contre, certaines sont très courtes et d’autres sont plutôt de type expérimental ou instrumental. Certains diront qu’il s’agit d’une évolution de son style jusqu'à son apogée. Parmi les points fort de l’album, on remarque aux premières écoutes l’audace et la haine sarcastique de Everybody Wants to Leave ainsi que d’Horrible Fool. DEAD WOLF y chante avec un vocabulaire et une vitesse d’élocution comme seul lui-même sait le faire.

Mais attention ! Pour ceux qui s’attendent à entendre un son et des mélodies comme sur La Vallée des Réputations, vous serez probablement très déçus. Oubliez les petites balades comme Ballade à Toronto justement ou les autres succès de cet album. LECLERC nous présente maintenant un album chargé de trucs et de mots qu’il avait laissés de côté ou qu’il n’avait pas le courage de sortir sous le phénomène LELOUP. Tout est simple, mais pas assez à la fois. On n’entend aucune chanson qui ne ressemble vraiment à ce que LELOUP a déjà produit auparavant. Tout est nouveau. Toutes les mélodies sortent de nulle part et chaque pièce est indépendante l’une de l’autre. On ne sait pas à quel point chaque chanson ont été travaillé, pensé, ni si leur signification et leur histoire se tiennent vraiment, mais tout ce qu’on peut dire, c’est que Mexico se présente comme un présent pour les fans de LELOUP qui le voit renaître. Oubliez les grands succès au palmarès des radios francophones, les ventes records ou les méga-tubes à la sauce de LELOUP (Isabelle, Je joue de la guitare, I Lost my Baby, etc). Rien de cela ne se produira. Je vous aurai averti, ce disque ne vous plaira probablement pas à la première écoute, ou vous serez déçu, sauf si seulement vous êtes un grand fan de Jean Leclerc, alias JEAN LELOUP / MASSOUD AL-RACHID / le ROI PONPON. Mais encore…

"Je vomis sur l'industrie de la musique québécoise et sa gang de mononcles! Parfois j'en ai la diarrhée tellement j'ai honte. Je me suis amusé tout seul. Quand je pense qu'il y a du monde qui pense que je suis au cash!" –Jean Leclerc

À lire aussi, un très bon article dans le Voir

+ : Everybody Wants to Leave et Le Malheur

- : Hummm… comment ce disque va-t-il survivre, comment sera-t-il en spectacle ? Que deviendra vraiment Jean Leclerc maintenant ?

Pour fans de : JEAN LELOUP (?!?)

En savoir plusCritiques les plus récentesLire les commentaires (0)Ajouter un commentaire