Rudy Caya - Le Taureau (Indica Records)


Auteur: Dodier (30 mars 2008)
En magasin le: 16 octobre 2007
Cote: 8.5/10

Il n’est jamais parti, il a toujours continué son petit bout de chemin, sauf que depuis quelques années il le fait hors des projecteurs. Il avait déjà produit un essai solo, Mourir de rire, paru en 1995. Le voici qui nous présente son dernier effort, Le Taureau. RUDY CAYA n’a plus besoin de présentation; membre émérite du défunt groupe VILAINS PINGOUINS, groupe qui a marqué la scène rock québécoise. Pourquoi 12 ans d’attente pour nous offrir du neuf? Contrairement à beaucoup d’artistes, lui il attendait d’avoir quelque chose à dire. De plus, par un concours de circonstances, il a rencontré des acteurs de la scène musicale québécoise avec lesquels il avait des atomes crochus pour concocter cet album.

Pour ceux qui suivent la carrière de RUDY CAYA, on sait qu’il côtoyait des membres de SAINTE-CATHERINES et YESTERDAY’S RING. Après un spectacle mémorable à l’Hémisphère Gauche en décembre 2005, où YESTERDAY’S RING ouvraient pour VILAINS PINGOUINS, RUDY CAYA a fait la rencontre de HUGO MUDIE, chanteur de SAINTES-CATHERINES et YESTERDAY’S RING. Suite à cette rencontre, RUDY CAYA l’invita pour une chanson, pour finalement lui donner les commandes de la réalisation de l’album. Comment sonne un tel amalgame? Le danger de produire un album aux sonorités de YESTERDAY’S RING était présent. De plus, une panoplie d’artistes invités faisait en sorte qu’on pouvait douter que la sauce prenne. Pour cet album, RUDY CAYA s’est entouré, comme mentionné ci-dessus, de YESTERDAY’ RING (rebaptisé LES CHATS DE RUELLE pour faire une certaine scission), de PAUL CARGNELLO, des frères SÉGUIN (DALE HARWERCHUCK), de THOMAS AUGUSTIN (MALAJUBE, JACQUEMORT), de MARIE-ÈVE ROY (VULGAIRES MACHINS), de RICK HAYWORTH, MALCOM BAULD, et RED (pour les passes de rap) et évidemment, des membres de VILAINS PINGOUINS.

Mais contre toutes attentes, la sauce prend. RUDY CAYA, au gré de ses influences, de ses idées et des divers styles de musique qu’il visite, rend le tout cohérent. Lui-même, dans une phase introspective, nous place les cartes pour nous faire part de ce qu’il ressent dans la chanson Le Taureau :
Des trophées poussiéreux. Des journaux déchirés. T’es pas un peu trop vieux. Moi j’t’avais oublié. T’as dû te faire une fortune. Non mais j’étais bien heureux. Le plaisir retrouvé. Du monde qui veut juste jouer…
Ceci étant dit, les titres de cet album se promènent du rock à la ballade, du reggae au folk. Des chansons aux refrains accrocheurs chantés en chœur pour notre plaisir. Côté texte, RUDY CAYA nous parle du goût de jouer, de son approche de la musique, du droit à la justice, d’une légende (chanson hommage au batteur des VILAINS PINGOUINS), de la télévision, des gangs de rue, de l’espoir et de l’amour.

Ce qui ressort de cet enregistrement, au-delà de la qualité du contenu, c’est la sincérité du propos et l’intégrité de la démarche artistique. RUDY CAYA nous transmet son énergie. Pour plusieurs, avant la sortie de cet album, on avait peu d’attente, on était intrigué par les rumeurs de collaborations et finalement à la première écoute, on est agréablement surpris. Deux générations, une quête, soit leur plaisir et le nôtre.

+ : Album accrocheur et rassembleur, production efficace, très bon rock, collaborations enrichissantes.
- : Rock un tantinet trop propre.

Pour les fans de : VILAINS PINGOUINS, YESTERDAY’S RING, LES PARIAS, LES CHATS DE RUELLE

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