Vulgaires Machins - Compter Les Corps (Indica Records)


Auteur: Fred (11 août 2006)
En magasin le: 01 août 2006
Cote: 9/10

Le 21 juin dernier, au bistro le Va-Et-Vient, j’ai eu la chance de voir LES VULGAIRES MACHINS faire leur retour sur scène après une absence de quelques années (à mon souvenir, leur dernier show à Montréal datait des Francofolies 2004). Ce retour tant attendu fut d’autant plus spécial, car la foule a eu droit, en exclusivité, à plusieurs nouvelles pièce qui se retrouvent sur leur quatrième album Compter Les Corps, disponible en magasin depuis le 1er août dernier. Les spectateurs ne furent pas déçus et l’anticipation créée par les quatre longues années d’attente depuis Aimer Le Mal devint encore plus grande! C’est finalement il y a une dizaine de jours que le public a pu mettre la main sur ce petit bijou.

Les VM ont toujours été reconnus pour leurs textes sarcastiques et virulents (à l’image d’autres artistes québécois tel que MONONC’ SERGE, LOCO LOCASS, LES COWBOYS FRINGANDS, etc.), mais on peut maintenant dire les qualifiés de hardcore et intelligents; des textes qui viennent vous cherchez dans les tripes tout en vous faisant réfléchir. Ils s’attaquent principalement à ce qu’ils appellent « une apathie généralisée à l’échelle planétaire ». Ça serait facile de parler des paroles de chacune des chansons pendant des heures, mais dans le but de garder la longueur de cette critique respectable et vous forcez à aller lires les textes, je ne citerai que cet extrait:

On s’en va nulle part si la substance se résume au symbole
On s’en va nulle part si l’action confirme pas le sens de nos paroles
Etre un comme…

Il est évident que le groupe a énormément travaillé ses textes, mais il n’a toutefois pas mis l’aspect musical de côté pour autant. On reconnaît bien leur bon vieux style de 24:40 tout au long de l’album (La Télé Me Regarde, Légaliser l’Héroïne, Puits Sans Fond, Être Un Comme, Arrachez Moi Les Yeux, Les Mains Pleines De Sang), mais on remarque aussi une influence indie rock sur quelques pièces, notamment Soleil, Jamais Assez et Dommage Collatéral. Ces deux dernières chansons, ainsi que quelques autres sont chantées par Marie-Ève qui a donc un rôle beaucoup plus notable au micro que sur les albums précédents. Notons aussi la présence du piano sur plusieurs morceaux qui donne un effet encore plus dramatique aux paroles déjà assez saisissantes. Ces quelques pièces un peu plus lentes et moins punk demandent un peu plus d’effort de la part de l’auditeur pour les apprécier à leur juste valeur.

Il serait mal de passer sous le silence deux des meilleures chansons, à mon humble avis, de l’album : Anéantir Le Dogme et Compter Les Corps. Tout est parfait : la voix et les paroles poignantes, un riff de guitare et un refrain accrocheur et une finale qui vous jette par terre. Bref, tout ce qui faut pour vouloir les écouter en boucle pendant des heures.

Encore une fois, les VM réussissent à se surpasser avec leur nouvel album, une tâche qu’ils ont accomplie avec brio chaque fois qu’ils en ont eu la chance – tout à leur honneur. Chacun de leurs albums ont une particularité qui vous fait dire « c’est vraiment celui-là leur meilleur » quand vous l’écoutez. Un groupe intelligent, malheureusement sous-évalué et méconnu, qui nous offre une fois de plus un produit jouissif pour nos tympans. Merci et bravo.

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