The Flatliners - Cavalcade (Fat Wreck Chords)


Auteur: Isabelle (11 avril 2010)
En magasin le: 13 avril 2010
Cote: 9.5/10

La plupart des formations évoluent de façon linéaire, allant d’un échelon à l’autre. Trop souvent, elles perdent pied, se fondent dans la masse et se dissocient. Quelques unes parviennent à éviter ce scènario et ont un avenir remplie de belles promesses dû en grande partie à leur travail acharné et à leur passion. Les THE FLATLINERS rentrent clairement dans cette deuxième catégorie. Leur histoire a commencé calmement il y a de ça huit ans. Ces quatre amis venant de la banlieue torontoise ont toujours fait comme bon leur semble et c’est ce qui les démarquent depuis longtemps. Un démo, trois long jeu, un split et un EP plus tard, ils peuvent maintenant dire qu’ils ont fait le tour du globe maintes fois, qu'ils ont été signé autant par Stomp Records au Canada que par Fat Wreck Chords aux États-unis, et ce avant même d'avoir atteint les 20 ans. Leur notoriété n’a d’égal que leur grande générosité et grâce à cela, ils sont maintenant une formation qui a tout le respect qu’elle mérite. Le 13 avril prochain, le très attendu Cavalcade succèdera à The Great Awake qui avait été acclamé haut et fort autant par le public que par la critique. La question qui brûle les lèvres à tous est: sera-t-il à la hauteur de nos attentes?

Être à la hauteur. L’expression est faible en comparaison. Cavalcade est la progression logique de The Great Awake. Il démontre surtout l’énorme maturité tant au niveau vocal que musical qui a réussi avec brio à se forger durant les trois années séparant les deux disques. Si vous aviez espoir que les musiciens fassent un retour aux sources (des vocaux ultra-rapides et saccadés quasi-impossible à chanter et des rythmes ska écorchés et vifs), vous allez être surpris. Surpris oui, mais sans l’ombre d’un doute, extrêmement loin d’être déçus. Ce qu’ils proposent sur Cavalcade est la preuve tangible qu’ils ne feront aucun retour en arrière. Vous pouvez donc dire adieu au style dit plus ska-mordant et étreindre le changement avec leur signature qui fait maintenant d’eux une formation accomplie et authentique. Aucun doute qu’ils iront loin avec cet ouvrage solide et convaincant. Cavalcade dépeint leur talent qu'il est maintenant impossible d’ignorer. Il est aussi primordial de préciser que malgré tout, Chris Cresswell, Scott Brigham, Jon Darbey et Paul Ramirez gardent leurs têtes sur leurs épaules et se rappellent d’où ils viennent et de tout le chemin qu’ils ont parcouru pour arriver où ils sont. Leur humilité leur a permit de rester eux-mêmes et de ne pas s’enfler la tête, chose tout à fait respectable.

L'album début avec The Calming Collection. Cette pièce est massive et me rappelle This Is Giving Up. Bien que très courte avec seulement deux minutes, elle a une force de frappe qui fait d’elle la mieux placée pour commencer un album aussi saisissant. Notons aussi Here Comes Treble qui traite d’un sujet délicat que THE FLATLINERS côtoie plus souvent qu’autrement : partir en tournée, laisser sa famille et ses amis derrière soi et avoir l’impression de devenir étranger à son propre environnement. Les paroles [I wrote this for my brother. I didn’t mean to become a stranger. And this is for my mother. How could I ever turn and leave this place? Now listen father, I need to tell you all I’ve learned from you, it’s written on my face as I drive 'round the world in disgrace] d’abord servant d’introduction et interprétées de manière acoustique avec une mélancolie évidente se dispose en un rengaine accrocheuse et brillante. La pièce He Was A Jazzman est à premier coup du même genre que This Respirator. Plus on porte attention par contre, plus l’atmosphère pesante prend de l’évidence et le sujet est bien trop lourd pour une simple ballade reggae, joyeuse et peu profonde. En fait, elle relate les derniers instants d’un homme sur son lit de mort. Pour supporter ce côté lyrique plus sombre, la cadence va de plus festive à beaucoup plus chargée. On découvre par la suite Shithawks qui a un côté hardcore bien assumé et qui est probablement la plus intransigeante pièce que THE FLATLINERS ait jamais composée. Elle crée un contraste évident avec He Was A Jazzman mais rend hommage à cette dernière en se terminant sur une note tout aussi reggae et surprenante que celle-ci. Le refrain, craché au visage, mêle la voix du chanteur à celle du leader du groupe punk mélodique A WILHELM SCREAM. En effet, Nuno Pereira s’est prêté au jeu et a marié sa voix au tempo effréné de Shithawks. Le tout est absolument percutant et le talent indéniable de Paul Ramirez à la batterie est maintenant plus déterminant que jamais.

J’avais d’énormes attentes pour Cavalcade. Je peux dire en toute honnêteté que j’ai eue un coup de cœur immédiat pour cet album. Il est, et de loin, le meilleur album lancé au Canada depuis Supporting Caste de PROPAGANDHI et sans doute le meilleur toutes catégories confondues. Je vous conjure d’aller acheter cet album immédiatement. Il est presqu'impossible qu'il vous déçoive, croyez-moi ! En compagnie de BROADWAY CALLS et de COBRA SKULLS le temps d’une tournée promouvant leur dernier effort, THE FLATLINERS ne manqueront pas la chance de venir nous présenter Cavalcade à Montréal et s’arrêtera donc au Underworld le 24 avril prochain pour nous prouver combien le groupe est tout aussi débordant de vie qu’à leur début.

+: Album de l'année
-: Dure seulement 39:16

Chanson préférée: Shithawks

Genre musical: Punk/rock

Pour fans de: AMERICAN STEEL, A WILHELM SCREAM, THE FLATLINERS

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